Louise Ménard, PROTIC accueil ---> élèves ---> grammaire

La métaphore

Nous connaissons l'expression  "une image vaut mille mots". Les dirigeants utilisent souvent des images frappantes pour énoncer leur vision des choses. La plupart d'entre nous utilisons également les métaphores dans nos conversations quotidiennes avec les autres. Notre culture fait abondamment usage de métaphores pour cerner des idées ou le sens de l'univers. On dit par exemple: pétiller d'intelligence, être inondé de données, faire la lumière sur une question. Elles élargissent et approfondissent notre compréhension du monde. Les images que font naître les métaphores valent mille mots : elles demeurent en nous longtemps après que les descriptions ou les données ont disparu de notre mémoire.

1. Le nom de départ est relié à un autre nom qui a soit fonction d'attribut, soit est mis en apposition.

Ce type de métaphore est comme une comparaison abrégée.

Exemple de nom qui a fonction d'attribut

  • «Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage» Baudelaire
  • «Et la lune est un singe échappé au baluchon d'un marin qui vous regarde à travers les barreaux légers
    de la nuit.» Jules Supervielle
  • Les enfants du quartier sont des rois fainéants...[Cette métaphore est une métaphore filée parce qu'elle influence le reste du poème. Pour la comprendre, chercher dans l'Histoire de France qui étaient les rois fainéants.]
  • Leurs fronts sont boucliers abritant mille rôles...
  • «Tes mains sont deux fleurs ouvertes» Michelle Cavalleri, Poème à la petite fille Pascale-Marie

Chaque vers de ce poème est une métaphore. Il pourrait servir de modèle à un autoportrait ou à un portrait

Ses yeux jaunes
n'ont laissé qu'une fente
pour y jeter la monnaie de la nuit.
    Pablo Neruda, Ode au chat


Exemples de nom qui a est mis en apposition

  • «Sommeil, paisible fils de la Nuit solitaire» Philippe Desportes
  • «Et tous les chiffres de la terre, Tous ces insectes qui défont Et qui refont leur fourmilière
    Sous les yeux fixes des garçons.» Jules Supervielle, Mathématiques


2. Le nom de départ est relié à un autre nom par la préposition «de»

Les deux images se fondent et s'enrichissent mutuellement.

  • «La palmeraie des piles nucléaires» Charles Dobzynski
  • «Le parapet dur d'un trapèze...La mâchoire d'un angle s'ouvre.» Jules Supervielle, Mathématiques


3. Le nom de départ est associé à un verbe, à un nom ou à un adjectif habituellement réservés pour une autre réalité.

Cette association crée un effet surprenant.

Un grand cercle hésitant et sourd...
...Et le problème furieux
Se tortille et se mord la queue.. .Jules Supervielle, Mathématiques

Dans le poème «Ânes» (Le bestiaire d'Anaïs, poésie Jeunesse 7.95 $), André Vigeant laisse entendre que les industriels qui polluent sont des ânes au sens figuré. Il construit son poème autour de cette métaphore en jouant sur le sens propre et le sens figuré du mot «âne». Il personnifie les rivières (verbe réveille) et joue encore sur le sens propre et le sens figuré de lit et de bouche :

[...] Laissant dormir leur crottin
Dans le lit de nos rivières
Qui se réveillent un beau matin
Avec des bouches d'égout [...]

Un autre vers
"Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles. C’était un vin délicat, féminin, séduisant, avec une robe vive et brillante". Baudelaire


Références : http://www.sasked.gov.sk.ca/docs/francais/frlang/poesie/annexe1poesie.html