Attitude de collaboration à installer dans un contexte d'apprentissage de groupe
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Notre approche de la communication pédagogique vise la collaboration dans sa responsabilité des apprentissages qui s'accomplissent dans la classe.

Facteurs d'engagement liés au contexte d'apprentissage

Nous avons déterminé cinq grandes catégories de rapports.

1- Rapports liés à la tâche, c'est-à-dire au contenu même du travail à accomplir

2- Rapports liés à l'organisation

3- Rapports liés aux relations avec les autres, rapports spychosociaux

4- Rapports liés à l'environnement physique et technique

5- Rapports liés aux interactions de la classe

Disposer d'une liste de facteurs est un outil intéressant pour une première approche de la collaboration où s'intègrent la pédagogie du projet et les usages technologiques au quotidien (on pense alors à 5 ou 6 ordinateurs par classe). Il est possible d'aller plus loin en prenant en compte l'appui de chaque facteur et la combinaison des facteurs entre eux. En effet, selon les situations d'apprentissage, ces facteurs de changement ont une importance variable et peuvent interagir entre eux, en se neutralisant ou au contraire en se renforçant.

Face à un stimulus d'engagement dans un contexte d'apprentissage, l'organisme réagit selon quatre phases : c'est la manifestation générale de l'adaptation

 
Questionnement
Obstacle
Construction
Éclaircissement
Individu
Collectif

Phase 1 : le questionnement Dès la confrontation à la situation évaluée comme problème, des idées sont libérées par l'esprit. Ces idées provoquent des modifications physiques (rythme cardiaque, niveaux d'attention, réactions...) qui ont pour but de préparer l'organisme au "combat ou à la fuite".

Phase 2 : l'obstacle L'élève découvre la résistance de la situation. Cette situation cause problème puisqu'elle le confronte à sa "non connaissance". La rupture avec le connu est le premier événement qui survient dans le phénomène de la "dévolution". Il y a acquisition du sens, dominé par les habiletés intellectuelles, mais l'élève ne peut se détacher de son point de vue. Viennent ensuite l'inquiétude, le doute, la déstabilisation et le déséquilibre cognitif. La démotivation ou l'évitement peuvent survenir quand la pensée n'est pas réversible mais intuitive, magique, sans avant ni après.

Phase 3 : la construction De nouvelles stratégies sont mises en branle. Il est capable de se décentrer dans les domaines cognitif et social. C'est l'adaptation intentionnelle. Il y a intentionnalité dans le comportement : l'élève agit sur le milieu en liant les significations qui apportent l'énergie nécessaire au cerveau pour maintenir une contribution adaptée. C'est l'incorporation des expériences nouvelles dans des structures existantes : ce qui est extérieur est incorpoté aux structures propres de l'élève. L'élève transforme, invente. Sa pensée se socialise. Il prend en compte l'avis des autres. C'est le début de la causalité. Il conçoit les modifications et la réversibilité. Il est perméable au raisonnement, s'inscrit dans une temporalité, raisonne en empruntant à sa propre expérience. Il s'agit là d'un système autorégulé. L'inquiétude, le doute, la déstabilisation et le déséquilibre cognitif sont vécus en interrelation avec l'environnement qui supporte ses avancées vers de nouvelles acquisitions.

Phase 4 : l'éclaircissement Si la situation problème se prolonge encore ou s'intensifie, l'élève est capable d'adapter les moyens aux fins. Sa conduite paraîtra de plus en plus imprévisible, personnalisée. Il est capable de manipuler des situations, d'utiliser un soutien pour accomplir un autre apprentissage... Il n'est plus agit par le milieu, mais au contraire il le transforme. L'élève passe du tâtonnement empirique à la combinaison mentale, de la découverte à l'invention, de la démarche d'action au schéma représentatif de l'action. Le processus est devenu opératoire. L'élève est capable de généraliser, de se représenter. C'est le temps de la pensée où se développent la représentation et la réalisation d'actes anticipés où s'y combinent des opérations logiques, abstraites, un raisonnement par hypothèses et déductions. Il pose des hypothèses et répond dans l'abstrait. La base du raisonnement est la capacité à passer des hypothèses "si...alors" aux conclusions, d'utiliser le "donc". L'hypothèse va au-delà de l'affirmation, par exemple "les industries causent la pollution" en fournissant l'action qui va permettre de valider cette affirmation : "si je veux prouver que les industries causent la pollution, alors je vais comparer les données de pollution de l'air dans un milieu industriel et non-industriel". La combinaison des idées remplace ce premier raisonnement de proximité. Ces opérations sont liées à un langage plus mobile et amènent à la construction de systèmes et à la nécessité de l'autre plutôt qu'à la recherche de solutions immédiates. L'élève élabore ici une représentation d'une représentation.

Le modèle

Dans sa communication pédagogique, l'enseignant peut croiser des types de facteurs d'engagement :

Les études montrent que c'est surtout la possibilité de contrôle que la personne pense avoir sur sa situation qui est très important dans l'apparition d'une attitude d'engagement.

Louise Ménard PROTIC 2005-2006