Définition de la notion "commerce mondial"
Le webcarnet de l'élève --> territoire agricole
Référence : L'encyclopédie de l'Agora http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Commerce
Enjeux
C'est sans doute à l'orée des années 1930, sur fond de crise économique mondiale, que le commerce organisé, structuré, reposant sur la répétitivité de l'offre, le suivi de la qualité, le respect des assortiments et des prix, sinon toujours bas, du moins raisonnables, s'est développé.
Pléthorique, souvent mal organisé, voire arriéré
et facteur d'inflation, tels sont pourtant quelques-uns des qualificatifs qui
peuvent rendre compte de la situation du commerce au sortir du second conflit
mondial.
Sous toutes ses formes, il a su, dès l'aube des années 1950, prendre
les mesures qui convenaient à l'évolution économique et
sociale (survenue) depuis lors.
Ces grandes mutations vécues par le commerce moderne, grand ou petit, ont été globalement positives. (...) Le commerce a indéniablement contribué à la diffusion de produits nouveaux. Il a été, aux côtés des fabricants, un puissant facteur d'innovation, leur permettant d'ouvrir de nouveaux marchés. À la recherche de progrès et de performances dans le domaine de la gestion de ses flux (marchandises, clients, fonds et personnels) il a apporté une contribution massive à l'émergence puis au développement rapide des nouvelles technologies et en particulier celles de l'informatique. Il a su accompagner par ses nouveaux concepts marchands les mouvements démographiques participant ainsi au développement de l'urbanisme et à l'aménagement du territoire. Le commerce est devenu un très grand utilisateur de vecteurs publicitaires et médiatiques offerts par les spécialistes de la communication. Enfin il a été un grand créateur d'emplois directs et un incontestable inventeur de métiers nouveaux qui doivent désormais trouver, pour certains, leur définition, celle des qualifications correspondantes et de la normalisation de leur exercice.
En constante évolution, le commerce va se trouver confronté à de nouveaux enjeux se situant à des niveaux différents et qui sont autant de défis pour l'imagination des professionnels du secteur.
Ces défis sont de natures différentes. Ils ont,
pour certains, un horizon temporel différent. (...) à court-moyen
terme, l'enjeu technique de la révolution de commerce électronique
revêt le triple aspect d'être fondamental, urgent et de société;
à moyen-long terme, la modification assez radicale de la répartition
de la pyramide des âges (...) et donc de celle de la clientèle.
Ils ont, également, des champs variés. À cet égard,
la relation entre le secteur et l'organisation du territoire revêt une
singulière acuité. Au-delà de l'esthétique, le maintien
du commerce, dans ses différentes formes, dans la ville, à sa
périphérie et dans le monde rural, impose une réflexion
de fond. De même, à la veille de l'entrée en force du commerce
électronique et à la lumière des services qu'il peut offrir,
le devenir de l'emploi et des qualifications dans le secteur doit faire l'objet
d'une analyse. Il en va de même de la relation du secteur avec la prise
en compte des problèmes d'environnement ainsi que de ceux visant à
l'amélioration de la sécurité.
Le commerce et la société de la communication
1. Le commerce dans une société de
plus en plus informatisée
Le XXIe siècle sera, dit-on, celui de la communication. Il apparaît
d'évidence que le commerce deviendra un secteur clé où,
notamment dans les dix prochaines années, vont se concentrer les enjeux
majeurs de l'informatisation de la société.
Trois questions se posent en fait:
- En quoi le commerce joue-t-il désormais un rôle clé dans l'économie informatisée?
- Quelles sont les grandes étapes de l'informatisation croissante des fonctions commerciales?
- Quels sont les enjeux prospectifs de la rencontre entre commerce et société d'information?
Les enjeux prospectifs de la poursuite soutenue de l'informatisation dans la distribution se résument à trois autres interrogations:
- Peut-on en attendre de nouveaux gains économiques et sociaux?
- L'accentuation de l'informatisation du commerce ne va-t-elle pas finir par en modifier les contours, voire la structure?
- Comment se situe et se situera le commerce français par rapport à la poursuite globale de l'informatisation de notre économie?
Les experts s'accordent à penser que le premier effet à attendre de l'informatisation réside dans la poursuite de l'accroissement de la vitalité industrielle. On espère dans ce domaine une réduction des coûts administratifs de distribution à la fois par une baisse de frais financiers liés aux stocks, par une meilleure capacité à tester les marchés sur des nouveaux produits, par une plus grande réactivité aux évolutions de la demande et par une possibilité accrue d'innovation et de créativité grâce à une meilleure maîtrise du marketing.
Le deuxième effet concerne la mutation déjà en marche de l'univers des services grand public par une séparation croissante des fonctions de production et de distribution des services.
La transformation du rôle des clients au fur et à mesure de l'informatisation croissante des foyers constitue le troisième effet.
Au-delà de ces enjeux, quelques points valent d'être, d'ores et déjà, signalés. Alors que la première vague d'informatisation du commerce reposait sur l'identification des produits et la rationalisation de leur gestion, la seconde s'organise autour de l'identification des clients. Il s'agit donc de l'informatisation des relations avec la clientèle.
En marge de l'aspect professionnel de cette saisie d'informations, un problème d'ordre sociétal concerne les enjeux soulevés par "Informatique et Liberté". Trois facteurs devraient se conjuguer pour amplifier cette seconde vague d'informatisation.
Au premier rang figure la demande des consommateurs qui voudront utiliser leur propre outil informatique pour simplifier et enrichir l'usage qu'ils feront de l'appareil commercial. Ils s'informeront, compareront les prix, vérifieront la disponibilité d'un produit, réserveront, commanderont, etc. Ils pourront éventuellement faire aussi "l'impasse" du médiateur que représente le commerçant. Si le minitel marque en France le point de départ de cette évolution, la sophistication des micros domestiques et leur intégration dans des ensembles multimédia devraient considérablement amplifier cette tendance.
La constitution automatique de bases de données clientèle grâce au croisement de la monétique et de l'enregistrement unitaire des ventes constitue un deuxième facteur. Elle représente déjà entre le quart et la moitié des paiements selon les formes de commerce. Le paiement électronique permet techniquement d'identifier les clients. Cette évolution peut faire progresser la qualité du service rendu. Elle constitue aussi un risque d'atteinte à la vie privée dont il faut se prémunir non seulement au niveau des consommateurs mais plus encore des banquiers tant au niveau national qu'international.
Le troisième facteur réside dans la volonté
des commerçants qui apprendront à gérer leur clientèle,
notamment, pour pouvoir accéder aux immenses marchés de la commercialisation
des services L'informatisation favorise désormais la séparation
entre production et distribution des services, particulièrement dans
les services financiers, le tourisme, la santé, la communication. Le
commerce peut se saisir de cette occasion de développement. Cela suppose
de se doter d'une informatique adaptée, connectée au réseau
des offreurs de services et permettant d'effectuer une véritable gestion
de clientèle.
Grâce aux terminaux points de vente, il est maintenant possible de gérer
des clients connus et reconnus.
Suivant la voie déjà ouverte par les entrepreneurs de la vente
à distance, ne sera-t-on pas tenté de pousser à l'extrême
l'étude du comportement de la clientèle? (...) Dans ce domaine,
jusqu'où peut-on aller? Quelle est la limite extrême? Vaste débat,
mais débat incontournable car il y a, inévitablement, des équilibres
à respecter entre le droit fondamental du respect de la vie privée
et le développement du commerce - et ce à une échelle qui
dépasse singulièrement le cadre national. Les récents travaux,
menés au sein de l'OCDE, montrent que tous les États industrialisés
n'abordent pas cette question selon des modalités identiques: certains
font confiance à la loi, d'autres penchent pour les systèmes d'autorégulation
par les acteurs eux-mêmes. On ne peut qu'être attentif à
la mise en pratique des conclusions retenues dans le cadre de cette institution.
Quoi qu'il en soit, l'informatique peut permettre au commerce
de mieux connaître ses clients et de diversifier ses prestations. Il est
évident que tous les commerçants actuellement en activité
devront, s'ils veulent le rester, s'adapter pour vivre dans une société
de plus en plus informatisée. Il s'agit d'un constat facile à
dresser. Depuis quatre ans, la quasi-totalité des formes du commerce
a investi, en force, dans l'informatique, à la fois pour accroître
ses performances, mais aussi pour renforcer ses avantages concurrentiels. Dans
l'univers du commerce autant qu'ailleurs, l'informatique est et sera utilisée
à des fins stratégiques. Chaque commerçant doit être
prêt à se saisir de la technologie informatique comme d'une efficace
occasion pour renforcer la pertinence et l'attraction de son offre marchande.
2. Le commerce au coeur de la révolution logistique
Il ne peut exister d'activité économique, a fortiori dans l'univers
du commerce, sans une véritable filière logistique. La distribution
représente environ 15 % des débouchés, dont près
de 80 % passent désormais en plate-forme, de la filière transport/logistique.
Les évolutions rapides et massives de l'ensemble des systèmes
logistiques ont-elles une incidence sur l'organisation managériale d'une
entreprise du commerce? À l'inverse, l'organisation logistique d'une
telle entreprise détermine-t-elle le type de management?
Pour chaque entreprise, son lieu d'implantation, ses modes d'organisation, ses
choix commerciaux induisent une fonction logistique différente avec des
missions et une morphologie à chaque fois adaptées. Fonction médiane,
la logistique est, par essence, intégratrice et structurante.
Intégrer la notion logistique dans le rapport avec un
fournisseur remet singulièrement en cause les traditionnelles procédures
de négociation. Le partenariat change de forme, tant faire livrer directement
des lignes de production par le fournisseur dans un site de distributeur implique
une politique de coopération nouvelle. Dès lors, le fournisseur
n'est plus choisi uniquement en fonction de ses critères antérieurs
mais aussi de sa capacité à assurer une qualité constante,
garantie par le processus qu'il utilise, une fiabilité de livraison totale,
associée à une rapidité suffisante pour répondre
à des à-coups inattendus, enfin, un prix, compatible avec les
objectifs de l'entreprise à laquelle il livre.
Ces exigences nécessitent des relations nouvelles entre fournisseur et
client. Quelle organisation, dès lors, choisir? Dans le cas de la grande
distribution, il se développe, depuis quelques années le système
dit de la plate-forme qui présente des avantages considérables.
Elle permet, par exemple, de "massifier" les flux et d'obtenir des
réductions sur les prix du transport.
Si la tendance au passage en plate-forme est à peu près la même partout, la distribution se trouve confrontée à un choix d'importance: ou gérer elle-même ses entrepôts ou, encore, faire appel à un prestataire extérieur.
La tendance est là et elle est forte: de moins en moins de passages directs, de plus en plus de plates-formes. La "massification" des flux par les entrepôts permet d'évidence de réduire les coûts et de simplifier la gestion des approvisionnements des magasins.
L'Efficient consumer response (ECR) - c'est-à-dire la "réponse optimale au consommateur" - est, pour mémoire, un ensemble de méthodes et de technologies permettant d'accroître la satisfaction de la clientèle des biens de consommation et donc les ventes. Concept mis en avant par la grande distribution, il est, en quelque sorte, l'équivalent pour elle de la démarche qualité totale dans l'industrie. Il marque la volonté conjointe de conduire ensemble une stratégie visant à supprimer les coûts inutiles rencontrés sur l'ensemble de la chaîne marchande, du producteur au client. Il doit s'étendre à l'ensemble du commerce. La réflexion autour de l'ECR s'articule sur quatre axes: la logistique, les assortiments adaptés, l'efficacité des promotions et le lancement des produits nouveaux.
C'est actuellement au niveau du pôle logistique que le
concept marque le plus d'avancées. Le recours au code barre et à
l'échange de données informatisées est devenu monnaie courante.
La gestion partagée des approvisionnements (GPA) commence à voir
le jour dans quelques enseignes. Ainsi, à partir de données assez
fines sur les ventes, le commerce fournit des prévisions, à court
terme, adressées au fournisseur.
L'automatisation des commandes, jointe à d'autres techniques informatiques,
comme les prévisions de vente, les fiches produits ou les lectures optiques,
entraîne une réduction des délais et de stocks et une réduction
des coûts administratifs. Former le personnel à ces nouvelles méthodes
et techniques apparaît, dès lors, comme un enjeu majeur.
3. L'avènement du multimédia
Une ère nouvelle se dessine, caractérisée par un rapprochement
entre audiovisuel, informatique et télécommunications.
C'est surtout auprès du grand public que le multimédia devrait bouleverser les habitudes. Il va permettre, entre autres, la consultation de catalogues animés, enrichis, à la demande, de commentaires ou d'informations plus ou moins spécifiques.
3.1. Une autre révolution se prépare dans
le commerce: celle de l'étiquette intelligente
Dotée de puces "savantes" elle pourra permettre de suivre les
produits à la trace et de généraliser, un jour prochain,
le "self scanning". Quand le commerçant recevra les produits
marqués avec la puce, il lui sera facile de les identifier, même
mélangés sur une palette en réception. Les tâches
de contrôle et d'identification devraient être simplifiées
au niveau des magasins et bien entendu des entrepôts.
Pour tous les spécialistes, l'étiquette intelligente devrait trouver
ses premières applications dans le domaine de la logistique. Elle doit
permettre de reconnaître et de suivre dans le temps l'évolution
de certains produits. Elle finira certainement par remettre en cause les lignes
de caisse actuelles.
3.2. Internet et le commerce électronique
Internet illustre les autoroutes de l'information et signe l'ère du multimédia.
Moins connu est l'intérêt grandissant des distributeurs pour l'Intranet
qui permet aux entreprises et à leurs établissements d'échanger
librement et facilement des informations en utilisant les technologies et les
protocoles d'Internet. (...)
L'Extranet est l'accueil dans l'Intranet de partenaires extérieurs à
l'entreprise. L'abaissement des coûts liés au Net va permettre
d'étendre l'EDI aux plus petites entreprises. L'entreprise, dans le cadre
d'Extranet, peut communiquer avec ses partenaires dans un environnement maîtrisé
c'est-à-dire sécurisé. Extranet sera l'outil privilégié
du "trade marketing".
Alors que l'Intranet et l'Extranet sont plutôt réservés
aux relations "entreprises à entreprises", l'Internet apparaît
par excellence comme le support du commerce électronique "entreprises
à particuliers". Pour certains, l'ouverture des réseaux de
communication à la sphère marchande est porteuse de promesses
commerciales. Pour d'autres, l'émergence d'une véritable économie
de l'immatériel éveille de fortes craintes et suscite de sérieuses
réserves.
De nombreuses interrogations peuvent être posées
parmi lesquelles la question de l'influence de ces nouveaux médias transactionnels
sur: les comportements et attitudes du consommateur, les relations vendeur/acheteur,
la stratégie et politique commerciale, la mise en place de nouveaux modèles
de promotion commerciale, l'approche marketing entièrement repensée
sur un modèle "one to one", la réactivité accrue,
l'organisation des circuits logistiques, etc.
L'influence de ces nouveaux circuits de vente sur les habitudes de vie quotidiennes
pose également: obligation déclarative électronique, "nomadisme"
accru chez les consommateurs.
Enfin, les incertitudes demeurent sur l'impact du développement du commerce électronique sur l'organisation des entreprises et des différents maillons de la chaîne de vente: conception et diffusion des produits, rapport à la concurrence, émergence de nouveaux services à valeur ajoutée.
Plus fondamentalement et sociologiquement, certains se demandent si l'on n'assiste pas aux prémices d'un véritable bouleversement des relations commerciales quotidiennes, analogue à l'apparition de la grande distribution dans les années soixante. Des emplois seront créés dans certains secteurs, d'autres seront détruits par ailleurs avec pour corollaire une véritable redistribution des rôles pour les acteurs.
Il n'en demeure pas moins que nombreux sont les experts qui
pensent que, grâce au commerce électronique, les PME/PMI vont pouvoir
compenser leur problème de taille en accédant à un marché
beaucoup plus large de consommateurs. Ces petites entreprises vont bénéficier
de la même audience que les grands groupes et disposeront potentiellement
des mêmes outils pour présenter leur offre commerciale.
Le coût de mise sur le réseau (vitrine, présentation et
vente des produits, publicité) est sensiblement identique. Pour une PME
ou un commerçant "positionnés" sur des marchés
de niche (produits du terroir, de luxe, éditions spécialisées),
ceux-ci peuvent être étendus à l'ensemble de la communauté
électronique mondiale. Pour une PME/PMI, prendre le "train d'Internet"
en marche n'est pas très onéreux. Aucun pas-de-porte n'est nécessaire
et les investissements fixes ainsi que les frais de conception ou variables
demeurent, pour l'instant, raisonnables. La remise à jour des catalogues
ne nécessite aucun frais d'impression et le renouvellement des produits
et des gammes s'en trouve donc facilité.
L'ouverture d'un site sur Internet ne garantit pas systématiquement le succès. Le commerce électronique obéit, en effet, à des règles précises que les meilleurs sites ont parfaitement identifiées. Tous les commerces sont à égalité: peut-être, mais la valeur "espace" cède la place aux valeurs "marque" et aux "fichiers". Une enseigne vendra d'autant plus qu'elle disposera d'une marque connue, appréciée, et d'un fichier/client riche et structuré. Les distributeurs (...) ne savent pas encore si Internet va venir en concurrence frontale avec les grandes surfaces ou s'il est un canal de distribution complémentaire. L'incertitude règne encore sur l'ampleur de ces effets à l'égard des autres types de commerce.
4. Le commerce face à la globalisation de
l'univers des fabricants et des fournisseurs
Les opérateurs, dans chacune des fonctions économiques, doivent
prendre en compte, voire s'adapter, aux comportements de ceux qui opèrent
à leurs côtés. Les influences ne s'exercent pas seulement
en sens unique, de l'amont vers l'aval qui suit la chronologie logistique de
la naissance à la mort des biens, produits et richesses. Elles s'opèrent
aussi par interaction entre production, transformation, distribution et consommation.
Ainsi, les relations entre industriels, fournisseurs et distributeurs/clients,
ne peuvent-elles pas être analysées isolément. Elles doivent,
dans tous les cas, tenir compte des désirs du consommateur final.
Le fond de ces relations a été et reste une confrontation mettant en jeu le rapport de force qui implique la recherche, au niveau collectif et individuel, d'une position dominante. Le balancier, à cet égard, est passé de l'industrie des biens de grande consommation au commerce sous l'effet d'une conjoncture économique dans laquelle la demande est en mesure de mettre sous pression l'offre en surcapacité de production par rapport aux besoins exprimés par la consommation. Ce constat conjoncturel ne devrait pas, dans un avenir prévisible, se trouver modifié. Ainsi le distributeur dans son rôle d'acheteur conserverait au niveau des négociations commerciales, un certain avantage sur le vendeur. Encore faut-il veiller à ce que cette relation ne vienne réduire ni la gamme de produits offerts au consommateur ni le niveau d'emploi.
Enfin, la concentration de la distribution et la centralisation des négociations imposent aux fournisseurs une course à l'efficacité commerciale le plus souvent due à la taille. Cette stratégie est payante pour les grandes entreprises mais difficilement supportable pour les PME, notamment pour leur force de vente. (...)
Le développement du phénomène d'une force de vente "à deux vitesses" observé récemment, résulte de l'évolution de la distribution que l'on peut résumer ainsi
- la montée en régime de la puissance d'achat;
- la centralisation accrue des négociations en amont et donc une moindre autonomie des points de vente, y compris chez les indépendants;
- le développement des grands processus marketing notamment via les actions de fidélisation consommateur qui reposent sur une meilleure coordination enseigne-fournisseur.
L'accès au linéaire devient alors une ressource essentielle car le nombre des produits augmente plus vite que ce que les distributeurs sont prêts à accepter dans leurs magasins.
La "guerre" du linéaire est, dès lors, impitoyable. Quelle que soit la démarche choisie, le linéaire futur dépend du linéaire passé qui a généré tel ou tel niveau de vente. L'implantation des familles d'articles devient un reflet des stratégies d'enseignes qui visent à allouer des places importantes à des offres choisies, voulues, selon leur rentabilité espérée en fonction d'un certain nombre de critères spécifiques, choisis à des fins de marketing de différenciation.
Comment des fournisseurs, petits, moyens ou grands, peuvent-ils faire face à cette guerre des linéaires?
Trois solutions ou cas de figure se présentent à un industriel ou fabricant face à son interlocuteur commerçant
- le maintien ferme, ce qui suppose notamment un portefeuille de marques incontournable, des parts de marché relativement importantes et des budgets de communication et de recherche significatifs donnant la possibilité de proposer des produits inédits avec des innovations régulières;
- une deuxième stratégie consiste pour les fabricants à concentrer leurs ressources sur le coeur de leur activité en termes de marques et aussi en privilégiant certains canaux de distribution qu'ils maîtrisent mieux;
- enfin, le dernier type de stratégie devrait être la coopération qui n'est pas incompatible avec les deux stratégies mentionnées ci-dessus. Elle conduit notamment à la fabrication de marques de distributeurs ou de produits premiers prix. C'est aussi tout ce qui peut ou ce qui pourrait permettre le développement du "trade marketing" dans les domaines de la promotion, des séries spéciales ou avec des conditionnements adaptés pour des distributeurs, donc ce qu'on appelle des marques dédiées, tout ce qui est échange de données informatisées, tout ce qui est logistique partagée ou tout ce qui est échange d'informations marketing entre fabricant et distributeur.
Les années qui viennent devraient voir l'émergence d'un commerce de structure indépendante bien décidé à répondre parfaitement aux nouvelles attentes des clients consommateurs. Ces derniers sont submergés par la vague de produits nouveaux mis sur le marché. De telles offres ne peuvent se satisfaire actuellement de l'hébergement des grandes surfaces multirayons de plus en plus obligées de procéder à des choix. Quant au commerce virtuel, il reste, pour le moment et, pendant encore quelques années, circonscrit à quelques familles de produits dispensés d'une logistique lourde.
Y aura-t-il toujours (...) des commerçants indépendants? C'est une évidence. Qu'ils déploient leurs activités commerciales dans le secteur alimentaire ou non-alimentaire, ils doivent se persuader que le service, l'accueil, l'imagination et la créativité restent et resteront toujours leur apanage.
Le commerce indépendant reste, en effet, le spécialiste du "sur-mesure" authentique. Il peut mieux que quiconque répondre aux trois clés conjointes de la réussite du commerce de contact: un marché, un site, un homme.
Une priorité incontournable: développer et créer des fonctions de services
Si l'on peut imaginer qu'un jour prochain le magasin ira vers
le consommateur, il n'en est que plus indispensable d'envisager comment incliner
le consommateur à continuer de se diriger vers le magasin. La réponse
est simple et compliquée à la fois: quelle que soit la structure
du magasin, la qualité de l'accueil et les services à la clientèle
doivent être replacés au coeur de la fonction commerciale. Les
services d'hier, ceux d'aujourd'hui et de demain peuvent constituer une vraie
réplique au commerce virtuel qui ne va pas manquer de mettre en avant
les services inédits qu'il peut amener au client.
Il existe actuellement une grande confusion dans l'acception ou du moins l'interprétation
du terme. Pour clarifier les positionnements en matière de services,
on peut reconnaître:
- les services liés à l'achat qui le facilitent, le rendent plus confortable et, partant, plus agréable, ces offres de services personnalisent l'enseigne et sont considérées comme des valeurs ajoutées à l'offre de base, le produit;
- les produits services ou services marchands qui, certes, peuvent rendre service au client, mais qui ont une autre ambition pour le commerçant: générer un chiffre d'affaires additionnel porteur de marges plus substantielles.
1. Les services liés à l'acte d'achat
Les services de base sont et seront incontournables quel qu'en soit le coût.
Il appartient au commerçant d'amortir ce dernier en retour par un surcroît
de fidélisation se traduisant par un gain de parts de marché.
Les services de base représentent un programme minimum vital pour assurer
la pérennité du commerçant tant les attentes des consommateurs,
très fortes sur ce chapitre, leur paraissent, en outre, naturelles.
Les services de confort que le commerçant organise sont les valeurs ajoutées
au service de base et qui, en tant que telles, sont des facteurs de personnalisation
forts et d'attrait d'un point de vente. Ces services peuvent être inclus
dans le prix des produits ou spécifiquement facturés.
2. Les produits services
Les produits services sont le fait des grandes surfaces de vente périphériques,
les hypermarchés qui repensent leur métier d'origine, en l'étendant
à celui de spécialiste et même de multispécialiste.
Le gel des ouvertures est une explication à la vague de diversification
orientée, la plupart du temps, vers les services marchands. Pour un hypermarché
qui en a la dimension physique, beaucoup de choses sont possibles dans ce domaine
en s'appuyant sur la loi des grands nombres.
Les différents créneaux sont des sources de création d'emplois,
mais, diront certains, de transfert d'emplois. On peut penser que les stratégies
de diversification vers les services sont, en quelque sorte, une reconnaissance
que l'hyper n'est plus tout à fait ce qu'il était. Soumis à
la pression d'une concurrence croissante et multiple (Internet, grandes surfaces
spécialisées, maxidiscomptes, magasins de proximité), l'hypermarché
se découvre désormais une vocation de spécialiste.
Par son activité de services, le grand commerce se met en capacité de substituer une approche individuelle à l'approche de masse.
Une nécessaire réflexion sur les emplois
actuels du commerce et de la distribution et leur évolution
On peut faire l'hypothèse que le commerce a une vocation naturelle à
s'inscrire dans un processus de création d'emplois au fur et à
mesure que l'économie se développe et que la société
s'enrichit, chaque personne disposant de ressources plus importantes procède
chaque année à un nombre croissant d'achats et de transactions
commerciales; la mise en oeuvre d'outils de productivité nouveaux est
compatible avec un processus soutenu de création d'emplois.
La croissance du nombre de personnes employées dans
le commerce est une caractéristique majeure de l'entrée progressive
dans la société de consommation. Elle traduit une correspondance
certaine entre l'amélioration globale du pouvoir d'achat (...) et la
croissance de l'emploi commercial.
Peut-on favoriser la création d'emplois dans le commerce, notamment de
détail, par une réduction du coût du travail et, plus particulièrement,
du coût du travail peu qualifié, en jouant prioritairement sur
les charges patronales? La comparaison France/Etats-Unis, relance le débat.
Les spécialistes ne sont pas unanimes sur le sujet. Dire que la progression
de l'emploi dans le commerce de détail a peut-être été
freinée en France du fait du poids des prélèvements pesant
sur le travail peu qualifié, dont le coût pour l'employeur était
estimé, en 1996, supérieur d'environ 40 % à celui
des États-Unis, reste discuté. On peut aussi constater que la
composition sociologique de la société américaine et son
évolution (qui conduit à l'externalisation de nombreuses activités
et partant à la création d'un secteur de services aux entreprises
extrêmement flexible dans son organisation) induisent une forme de consommation
favorable au développement des emplois de services dans le commerce de
ce pays.
L'exemple américain, illustré par les résultats obtenus par Wal-Mart, montre que des choix technologiques ambitieux (utilisation sophistiquée de l'échange de données informatisées avec les industriels fournisseurs, par exemple), non sans quelques contraintes, apportent une contribution essentielle à la croissance de la rentabilité et de la productivité du capital.
Depuis quinze ans, délibérément, cette entreprise a réinvesti une large part de ses gains en services et en emplois.
Le commerce électronique, est-il l'ami ou l'ennemi de l'emploi? Plutôt que d'évoquer les risques de désintermédiatisation, il faudrait parler d'un déplacement de l'intermédiatisation avec la disparition de certains rôles et l'apparition de nouveaux métiers à valeur ajoutée. Naturellement tout ceci constitue une formidable menace pour les formes de commerce qui ne sauront pas s'adapter. Mais du point de vue de l'emploi, on assiste plutôt à une diversification des métiers et à un allongement de la chaîne de valeurs ajoutées dans le process du commerce électronique. (...)
Le webcarnet de l'élève --> territoire agricole