PROTIC Interpréter un enjeu territorial
Fiche élève :
Territoire autochtone

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Le territoire autochtone
au Québec et au Canada

Louise Ménard, enseignante
mai 2003

1.Mise en contexte
2. Compétence visée
3. Sens de la compétence
4. Buts pédagogiques
5. Procédure
6. Critères d'évaluation

Mise en contexte

Deux groupes d'élèves de troisième secondaire séparés en sous-groupes de 10 à 12 élèves et accompagnés par des "pairs-aidants". Ces derniers ont déjà la compétence, ils cueillent donc des données pour réaliser un scénario de pairs-aidant démontrant le sens donné à leur rôle d'accompagnateur. Ce scénario se nomme un practicum. La réalisation du practicum est fondée par le concept vygotskien "zone proximale de développement" et dans ce sens sert de modélisation d'une pratique "anticipée" pour les élèves de deuxième secondaire l'an prochain en troisième secondaire. Les pairs-aidant, ayant réussi à démontrer leur pratique d'accompagnement socioconstructiviste et nécessairement le développement de statégies métacognitives (s'appuyant sur les 12 principes socioconstructivistes - voir " buts pédagogiques"), recevront, outre le "A" sur le bulletin, une attestation écrite de l'enseignante et signée par la direction qui aura visionné le "practicum".

Problématique Partager le territoire québécois et canadien : comprendre les notions de nation, d'autochtones, de nordicité et d'organisation sociale.

Un Traité va déterminer si, oui ou non, tous les citoyens canadiens —et les Québécois— sont égaux devant la loi et devant l’État. J'ai pris bonne note du copieux commentaire que vous avez publié, dans LE SOLEIL du 30 juin dernier, sur le projet de traité qu'entend conclure d'ici deux ans – sans consultation populaire et en dehors de toute morale démocratique, il faut le redire – les gouvernements provincial et fédéral avec les communautés ilnutsh du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Je ne partage pas le regard que jette sur cette affaire votre interlocuteur privilégié, Me Jules Brière, juriste qui a rédigé l'entente de principe.

Le 14 juillet 2000, les journaux nous apprenaient que le gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec et les représentants des quelque 4 567 descendants d’aborigènes regroupés dans la communauté de Mashteuiatsh, s’étaient entendus sur les grandes lignes d’un traité, sans tenir compte des droits, besoins et aspirations de l’autre segment de la communauté régionale qui partage pourtant ces mêmes territoires depuis des temps immémoriaux ; confinant ainsi tout ce qui n’est pas « Ilnut » au statut réducteur de locataires dans leur propre pays et de citoyens de seconde zone, et faisant fi de leur droit de regard sur cette terre nourricière, de leur sentiment d’appartenance et de leurs rêves. Qu’on le veuille ou non, qu’on soit pour ou contre, qu’on l’avoue ou pas, qu’on l’ignore bêtement ou qu’on s’en moque royalement, il reste que la signature ou le rejet de ce Traité va déterminer si, oui ou non, tous les citoyens canadiens —et Québécois— sont égaux devant la loi et devant l’État ; si oui ou non, dans la société qui se dessine sous ce nouveau diktat, l’égoïsme individuel et les passions tribales vont l’emporter sur l’esprit de fraternité ; si oui ou non, nous vivons dans une tyrannie qui hiérarchise ses citoyens selon leurs qualités raciales.

Inexistence des droits Montagnais ? J'étais à Betsiamites, pour affaires, l'autre jour. Tous les Innus que j'ai rencontrés ne parlaient que du reportage diffusé la veille à la télévision de Radio-Canada, reportage qui rapportait des faits plus que troublants. De nombreuses études et autant d'enquêtes concluraient à l'inexistence des droits des Montagnais. Un professeur d'histoire va encore plus loin en concluant à l'inexistence des Montagnais tout court, entretenant par là une tradition commencée par un autre professeur d'histoire qui avait découvert, voilà déjà quelques années, que les Attikameks de Haute Mauricie n'existaient pas non plus. Apprendre sa mort à la télé, c'est raide. Ce matin-là à Betsiamites, j'ai pu voir la profonde tristesse dans les yeux des Innus. Savoir que, sur les ondes de la télévision publique nationale, en l'espace de deux minutes, un journaliste de taille avait laissé entendre que toutes les évidences conduisaient à nier les espoirs de leur monde, cela commence mal une journée.

La position des peuples Autochtones du Nord du Québec sur la séparation du Québec est qu'elles veulent demeurer dans le Canada si le Québec se sépare. Leur propre droit, disent-elles, vaut bien celui du Québec à l'auto-détermination, de toutes les façons envisageables. Le PQ a déclaré que les Québécois ont une histoire, un territoire défini, une langue, qu'ils forment une ethnie, et ont exprimé clairement leur volonté d'exercer leur droit à l'auto-détermination. Les Cris, les Inuits et les autres groupes du Nord ont, eux aussi, tout cela, et ils ont en plus 10000 ans de résidence sur ce territoire.

Si la nation québécoise n'est pas une nation ethnique, elle doit viser autant l'intégration des nouveaux arrivants que l'intégration des premiers habitants. Gilles Verrier AGQ - TRIBUNE LIBRE 9.5.2002

L'enjeu : L'entente -l'approche commune- entre les Blancs et les Autochtones sur un nouveau partage du territoire québécois.

L'assertion : Diviser et partager autrement le territoire québécois entre les autochtones et les blancs.

Les moyens proposés : le Knowledge Forum, un logiciel de coélaboration des connaissances; et Inspiration, un logiciel d'organisation des idées.

Les méthodologies : l'expérimentation - entre autres, co-construction dans le Knowledge Forum-; la recherche documentaire; le débat scientifique et l'analyse réflexive.

Temps et durée

La finalité : un documentaire ou une revue papier ou une revue Internet réalisée avec SPIP (système de publication sur Internet qui supporte les séquences vidéo) http://www.uzine.net/rubrique91.html. ou l'organisation de la compétence directement dans la perspective du KF" Vous avez un exemple de travail réalisé sur SPIP par les élèves de quatrième secondaire PROTIC http://groupe31.pingouin.ca/. Vous pouvez également dessiner un fond qui démontrera l'organisation collective de votre perspective du KF du moins en ce qui à trait aux significations que vous donnez aux concepts. Ensuite, vous pourriez vous diviser en groupes d'opinion sur l'enjeu du partage du territoire.

Le tout se termine par un débat sur l'enjeu "L'approche commune entre Blancs et Autochtones", mais vous devez au préalable construire des connaissances sur quatre concepts : nations, communauté autochtone, nordicité et organisation sociale.

Ces différentes significations des concepts vont contribuer à mettre en forme votre opinion dans le Knowledge Forum. Votre opinion correspondra à votre affirmation que vous aurez à prouver. Elle servira de point de départ à l'élaboration de vos idées et à la réorganisation de votre pensée. Il est à noter que cette compétence ne comporte pas de bonne ou de mauvaise réponse. En pratique, vous pouvez invoquer plusieurs arguments en faveur du partage du territoire ou pour vous opposer à ce projet. Tout dépend en fait de vos valeurs, de ce que vous privilégiez dans la vie. C'est d'ailleurs précisément le but de cette compétence.

 

Il y a la réalité d'une société juste et hautement développée, que la communauté internationale connaît, puis la dure et implacable réalité qu'endurent les peuples autochtones. — Matthew Coon Come, dans le cadre de la Conférence mondiale sur le racisme.

Le reportage diffusé par Zone libre de Radio-Canada : Les Innus. Des négociations qui changeront l'Histoire http://www.radio-canada.ca/actualite/lepoint/reportages/2003/01/16/innus/innus.htm (il est possible que vous ne puissiez vous rendre sur le site, on affichera "la page demandée est introuvable", sauf que si vous regardez l'adresse, vous verrez un point (.) ajouté à la fin du htm (htm. ), il suffit de l'enlever et le tour est joué !)

D'autres extraits de textes rassemblés ci-dessous : Les réalités autochtones


Compétence visée

Interpréter un enjeu du territoire autochtone

Dévlopper votre théorie sur ces concepts-clés

Ses composantes présentées en capacités et en manifestations (certains diront indicateurs ou habiletés)

Les capacités

  1. Cerner la complexité d'un enjeu .
  2. Évaluer la portée des options sur le territoire.
  3. S'interroger sur la façon dont l'enjeu est traité

Les manifestations pour chacune des capacités

Capacité 1 : Cerner la complexité de l'enjeu

Capacité 2 : Évaluer la portée des options sur le territoire concernée

Capacité 3 : S'interroger sur la façon dont l'enjeu est traité

 


Sens de la compétence
Document de travail aux fins de validation. Géographie. (2002)

Manifestation des enjeux. Les enjeux territoriaux se manifestent lorsque des individus ou des groupes qui pargagent un même territoire ont des opinions opposées concernant l'utilisation de l'espace. On en mesure toute la portée lorsque des intérêts divergents s'affrontent ou que certaines décisions touchant le territoire doivent être prises. C'est le cas, par exemple, de territoires exposés à des risques naturels ou dont le site présente des caractéristiques particulières. Le partage de l'espace mène inévitablement à des rapports de force.

L'enjeu territorial est un phénomène complexe. Pour mettre cette complexité en lumière, il faut déterminer le lieu de l'action, les groupes ou les individus en présence ainsi que les intérêts en cause. Il faut aussi tenir compte de certains facteurs naturels ou d'actions humaines qui interviennent dans l'enjeu, sans oublier celles du passé, l'enjeu pouvant y trouver ses origines. Un enjeu est d'autant plus complexe que les groupes en présence défendent leurs positions, chacun estimant détenir la meilleure solution. Diverses options peuvent être envisagées; elles comportent toutes des points forts et des points faibles. Il importe donc de les examiner à la lumière de leurs répercussions sur l'organisation territoriale et d'en peser le pour et le contre. Chaque enjeu territorial constitue un défi particulier puisque chaque situation commande un traitement spécifique et adapté et que les réponses aux problèmes territoriaux ne sont pas uniques. Durant le traitement d'un enjeu, il faut nuancer son point de vue, tenir compte des rapports de force, recherher les compromis et dépasser la perspective de l'intérêt individuel pour considérer les intérêts de la collectivité, autant d'actions qui concourent à la formaiton du citoyen responsable.


Buts pédagogiques
Ces buts servent les compétences transversales. Dans une approche socioconstructiviste, les stratégies cognitives et métacognitives (personnelle et sociale, intellectuelle, méthodologique et de la communication) et technologique sont intimement liées.
La coélaboration des connaissances et la mise en oeuvre de ses douze principes dans les dimensions sociocognitive et technologique

 

Procédure

Dans un premier temps, vous êtes capable de "Cerner la complexité de l'enjeu"

En lisant ces quelques lignes d'introduction, vous avez certainement des opinions diversifiées (opinion et opinion différente) sur les réalités autochtones que vous souhaitez partager. Mais auparavant, il faut construire certaines connaissances. Ces mots clés auxquels vous avez donné du sens doivent se retrouver dans cette première partie :

  1. Qui sont-ils ? texte + exemple soit une illustration avec croquis et encadré (décoder l'espace territorial - traces de l'humain)
  2. Où vivent-ils ? texte + exemple soit une illustration avec une carte géographique (décoder l'espace territorial - traces physiques)
  3. Comment vivent-ils ? texte + exemple soit une illustration visuelle et encadré (saisir le sens des actions humaines : cerner les motifs des acteurs)
  4. Que veulent-ils (selon votre point de vue) ? Raison = affirmation des motivations socioéconomiques, sociopolitiques et socioculturels. (mettre en relation des réalités -échelles- géographiques différentes)

En deuxième lieu : pour chaque motivation liée à un territoire, il existe un certain nombre d'options (synomymes: choix, dilemme, opposition) : "Évaluer la portée des options sur le territoire"

  1. Identifiez les options avec des groupes d'intérêt différents sur le territoire;
  2. Élaborez les options (définir, énoncer les pour et contre);
  3. Prouvez-les (expliquer causes/conséquences);
  4. Donnez un -des- exemple (citation d'une source d'autorité, extrait d'interview vidéo, photographie, schémas géographiques);
  5. Conclure chacune des options.

Finalement, démontrez votre capacité à vous "Interroger sur la façon dont l'enjeu est traité"

  1. Tenir compte de la place de l'intérêt collectif. Raison (affirmation) / Élaboration / Preuve / Exemple / Conclure
  2. Examiner les compromis possibles.Raison (affirmation) / Élaboration / Preuve / Exemple / Conclure

 


Les critères d'évaluation

Les critères d'évaluation

  1. Identification des éléments constitutifs de l'enjeu
  2. Association d'options avec des groupes d'intérêt
  3. Appréciation des répercussions associées à chaque option
  4. Cohérence des liens entre les différents éléments de l'enjeu

De plus, le texte contient


Degrés de la compétence

A au-delà des attentes (expertise de la compétence)
L'élève met en relation de manière différents aspects d'un enjeu territorial notamment les rapports de force, les options potentielles, des conséquences sur le territoire et la prise en compte de l'intérêt collectif. Il utilise comme procédés explicatifs différents langages géographique et cartographique ainsi qu'une variété de sources d'autorité appropriées, y compris des textes "d'opinion".

B selon les attentes (maîtrise de la compétence)
L'élève met en relation des aspects d'un enjeu territorial notamment les rapports de force,des options potentielles, des conséquences sur le territoire et la prise en compte de l'intérêt collectif. Il utilise comme procédés explicatifs quelques éléments des langages géographique et cartographique ainsi que des sources d'autorité appropriées, y compris un texte "d'opinion".

C en-deçà des attentes (sensibilisation à la compétence)
L'élève met en relation de certains aspects d'un enjeu territorial notamment les rapports de force, des options potentielles, des conséquences sur le territoire et la prise en compte de l'intérêt collectif. Il utilise quelques éléments des langages géographique et cartographique ainsi que des sources d'autorité appropriées.

D progresse peu (difficultés)
L'élève éprouve des difficultés à mettre en relation les aspects d'un enjeu territorial notamment les rapports de force, les options potentielles, des conséquences sur le territoire et la prise en compte de l'intérêt collectif. Il fait peu ou pas usage des langages géographique et cartographique, des sources d'autorité appropriées.



Les réalités autochtones

Les Innus. Des négociations qui changeront l'Histoire. Diffusion de "Zone libre" le 14 décembre 2001 http://radio-canada.ca/actualite/zonelibre/01-12/innus.html (ce lien ne fonctionne pas toujours)


Ils revendiquent le droit de conserver leur culture, de parler leur langue, de se gouverner; ils veulent que soient reconnus leurs droits de premiers occupants du Québec. C'est cette autonomie gouvernementale que négocient depuis janvier 2000 les Innus avec le gouvernement fédéral et avec celui du Québec. L'issue des discussions, d'une ampleur inégalée, bouleversera la carte politique canadienne et servira de référence à d'autres nations autochtones. Mais le territoire que revendiquent les Innus, principalement au Saguenay, au Lac Saint-Jean et sur la Côte-Nord, est habité majoritairement par les Blancs. Et ceux-ci, qui ont plusieurs appréhensions, dénoncent le secret entourant les négociations.

« Ils ont été appelés des Montagnais, des Indiens, des Sauvages, des autochtones. On confond parfois leur nom avec celui des Inuits, ce qu'ils ne sont pas. Ils s'appellent Innus, ce qui veut dire, dans leur langue, « un être humain ». Ils sont 16 000 qui vivent dans 11 communautés, neuf au Québec et deux au Labrador. »

Extrait du reportage
Le N'tessinan, qui signifie « notre terre », couvre une surface de 400 000 kilomètres carrés, soit une superficie qui représente le quart du Québec. Ses limites sont, au nord, le réservoir Caniapiscau, à l'est, le Labrador, au sud, le fleuve Saint-Laurent et, à l'ouest, la Mauricie. En vertu du traité, les Innus ne se gouverneront que sur une infime partie du N'tessinan: un territoire de moins de 600 kilomètres carrés, dont ils auront la propriété complète. Parmi les neuf villages innus du Québec, sept sont visés par les négociations qui ont cours en ce moment.

 

Pendant plus de 20 ans, des négociations ont été menées sur les revendications des Innus, toujours sans succès. Mais, depuis janvier 2000, les négociateurs des gouvernements du Québec, du Canada et de quatre communautés innues, se sont entendues sur ce qu'ils ont appelé « l'approche commune ». Cette approche fixe une base de négociation en vue d'en arriver à un traité, et un accord de principe naîtrait bientôt. Sur la table, l'autonomie gouvernementale, des compensations financières et, surtout, la reconnaissance du titre aborigène et de droits ancestraux sur le territoire revendiqué : tout le Saguenay-Lac Saint-Jean et la Côte-Nord.

Les autochtones du Québec et le gouvernement

Toutes les communautés autochtones du Canada relèvent du fédéral, sauf les Cris, les Inuits et les Naskapis, qui sont régis par la convention de la Baie-James et du Nord québécois. Ces trois groupes représentent environ un tiers des autochtones du Québec.

Au niveau fédéral, la Loi sur les Indiens régit de nombreux aspects des rapports entre le gouvernement et les nations autochtones.

En 1985, l'Assemblée nationale du Québec adoptait une résolution reconnaissant aux peuples autochtones les droits suivants :

  • le droit à l'autonomie gouvernementale au sein du Québec ;
  • le droit à leur culture, leur langue et leurs traditions;
  • le droit d'être propriétaires de leurs terres et de les contrôler, le droit de chasse, de pêche, de récolte et de participation à la gestion des ressources fauniques;
  • le droit de participer au développement économique du Québec et d'en bénéficier.


Un document interne d'Hydro-Québec révèle que c'est sur le territoire innu que les rivières ont l'un des plus hauts potentiels de développement hydro-électrique au Québec. L'ampleur des enjeux fait de cette négociation le plus important traité après la Convention de la Baie James et du Nord québécois (1975) et le traité des Nisga'a (2000). C'est la première fois qu'une négociation se fait sur un territoire autant partagé avec les Blancs, qui y sont d'ailleurs fortement majoritaires. Ceux-ci, qui critiquent le manque de transparence entourant les discussions, ont de nombreuses appréhensions quant au respect de leurs propres droits. Qui plus est, la question de l'exploitation des ressources telles que le potentiel hydro-électrique et la forêt, est délicate.

Autre point important : les droits ancestraux, qui, contrairement à d'autres traités conclus par le passé, ne devraient pas faire l'objet d'extinction. Reconnus dans la Constitution, les droits ancestraux sont ceux issus d'une pratique ou une tradition qui caractérise la culture autochtone, comme les droits de chasse ou de pêche pour répondre aux besoins de la communauté.

La Cour suprême a déjà établi que des moyens modernes pouvaient être utilisés pour chasser et pêcher. Certains Blancs considèrent toutefois que la chasse et la pêche pratiquées par les autochtones vont bien au-delà de leur besoin de subsistance. La négociation doit justement définir la manière d'exercer ces droits et les quantités de prises permises pour ne pas nuire à la protection de l'espèce.

Actualité 2003 du Québec : Les pêcheurs de crabe refusent de prendre le large

Quelque 123 propriétaires de chalutiers réunis à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, ont décidé à l'unanimité, lundi, de ne pas entamer leur saison de pêche au crabe des neiges. Les pêcheurs des provinces atlantiques, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine protestent contre la décision du ministère des Pêches de réduire les quotas de pêche de 22 000 tonnes de crabe l'an dernier à 17 000 cette année. 15 % de ce quota devra aussi être partagé avec les autochtones et les pêcheurs côtiers.

En 2002, Ottawa verse des millions à la pêche "autochtone"

Le programme de rachat de bateaux, de quotas de pêche et de formation que le gouvernement fédéral a mis en place en 1999 afin d'intégrer les autochtones à la pêche commerciale a coûté en 2002 la somme de 376,6 millions $ aux contribuables canadiens. Cette mesure, qui se veut la réponse du gouvernement à l'arrêt Marshall de la Cour suprême, a été élaborée au lendemain des événements violents qui se sont déroulés à Burnt Church. Se basant sur des «traités ancestraux», l'arrêt Marshall ordonne au gouvernement de fournir à 34 communautés autochtones un accès accru à la pêche commerciale. Pour s'y conformer, le ministère Pêches et Océans (MPO) a choisi de racheter une centaine de bateaux et de quotas de pêcheurs blancs , qu'il redistribue gratuitement par la suite aux Premières Nations avec lesquelles il parvient à une entente. Le programme alloue également des montants consacrés à la formation des pêcheurs ainsi qu'à l'achat de bateaux et d'engins de pêche neufs. (...) Les quatre bandes québécoises qui se sont entendues avec le gouvernement depuis 1999 ont obtenu au total 27 embarcations, des allocations leur permettant de pêcher 975 tonnes de crabes et 2665 tonnes de crevettes, ainsi qu'une douzaine de permis de pêche au homard (non contingenté). Le gouvernement refuse cependant de dévoiler les sommes reliées à ces achats. (...) Selon la Fédération des pêcheurs semi-hauturiers de Gaspé, l'initiative du gouvernement a eu certains effets pervers sur le marché de la pêche. «En rachetant à gros prix les droits de pêche des Blancs , le gouvernement a causé un important gonflement de la valeur moyenne des quotas, commente Gilles Champoux, conseiller de l'organisme.
C'est triste, parce que ce sont les pêcheurs blancs qui ne parviennent plus à assurer la relève, tant le prix des quotas est maintenant élevé. Le gouvernement dit que le marché devrait se rétablir, mais ça risque de prendre pas mal de temps.» Incapable de se procurer un quota à bon prix, Allen Côté, un pêcheur de Gaspé, a finalement mis une croix sur son rêve d'acheter un bateau de pêche commerciale. «Je suis un petit joueur face au gouvernement. Je n'en veux pas aux pêcheurs autochtones , assure-t-il, mais l'intervention du MPO a causé une situation assez difficile pour les pêcheurs blancs .» Le programme de rachat a néanmoins fait des heureux. Une dizaine de pêcheurs de la région gaspésienne ont obtenu en moyenne 1,3 million $ en échange de leurs embarcations et de leurs droits de pêche. «Le MPO a peut-être acheté mon quota plus cher que sa véritable valeur marchande, mais le prix offert pour mon bateau n'a rien d'exagéré (sic)», assure Herman Synnott, un ex-pêcheur de l'Anse-au-Griffon qui occupe maintenant un poste de formateur auprès de pêcheurs anglo-micmacs.

 


L'ensemble des nations autochtones suit de près le déroulement des discussions. Quelque 80 autres négociations se dérouleront au Canada. Au Québec, le traité servira de référence aux Attikamekws et aux Algonquins, qui négocieront eux aussi leurs droits sur le territoire.

C'est dans le contexte d'un monde en mouvement et d'un environnement en péril que P.-M. Johnson a partagé sa vision du développement durable. À cet effet, le Nord représente un tableau unique où peuples, langues, régimes, climats et écosystèmes témoigent d'une diversité qui lui est propre. Il mentionne, entre autres, que l'Arctique, à elle seule, abrite 10% des réserves planétaires en eau douce et 15% des espèces d'oiseaux. La forêt boréale, quant à elle, représente un tiers des forêts mondiales.

Devant cette imposante richesse naturelle, M. Johnson insiste sur l'importance de protéger l'Arctique contre les polluants aériens et marins, la contamination nucléaire et celle découlant des industries minière et pétrolière. L'échauffement global et la désintégration de la couche d'ozone menacent aussi l'équilibre souvent précaire des écosystèmes nordiques, et exigent un contrôle soutenu des émissions de gaz atmosphériques.

En somme, dit-il, le développement des régions nordiques devra se poursuivre avec précaution et prévention, en intégrant les considérations environnementales et économiques, tout en favorisant la participation et l'essor des communautés autochtones.

Création du Nunavut: la carte de la nordicité a changé le 1er avril 1999. Cette nouvelle entité politique au Canada est constituée de la partie Est des Territoires du Nord-Ouest, entraînant le premier changement de la carte géographique canadienne depuis l'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération, en 1949.

La face Nord de la nordicité au Canada est représenté par le Territoire du Yukon (500 000 kilomètres carrés, 32 000 habitants) et les Territoires du Nord-Ouest (1 300 000 kilomètres carrés, 43 000 habitants) et depuis avril 1999 par le Nunavut qui a 2 000 000 de kilomètres carrés, 25 000 habitants, une Assemblée législative de 19 députés, un premier budget annuel de 600 000$ provenant d'Ottawa à 95%. Le tiers de sa population bénéficient de l'aide sociale, le revenu par habitant avoisine 11 000$ et le taux de chômage atteint 22%.

Yvon Dubé, conférencier au Sommet mondial de la nordicité, représentant l'Arctic Institute of North America de l'Université de Calgary, ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée du Nunavut: "Si le gouvernement canadien enlevait la barrière du soixantième parallèle, utile en son temps, le Canada ferait un immense pas en avant. En effet, le prolongement des provinces en direction du pôle nord, englobant l'ensemble des terres et des eaux polaires, serait un geste géopolitique éloquent conforme à l'histoire et répondant parfaitement à la réalité de même qu'aux règles de base en aménagement du territoire. Le Nord du Canada serait ainsi administré par six gouvernements provinciaux d'envergure qui possèdent l'expérience, les capacités, la diversité et l'énergie capables d'instaurer la cohérence et le mieux-être dans le respect des caractères propres et des attentes particulières des nombreuses et différentes régions nordiques", a-t-il plutôt proposé.

Selon lui, "les résidents du nord du soixantième parallèle bâtiraient ainsi leur avenir et enrichiraient librement leurs talents en compagnie de leurs compatriotes provinciaux. L'isolement ferait place au dynamisme. La centralisation céderait le pas à l'épanouissement des particularismes. Joindre enfin le Nord et le Sud du Canada, dans la dignité et la collaboration, avant que les failles ne s'élargissent, en utilisant l'expertise des provinces, serait une décision politique d'envergure internationale à portée sociale, économique et environnementale, tout à fait appropriée au rôle du Canada sur l'échiquier mondial", a conclu le chercheur.

Certains blances cherchent à exposer et à contrer la haine anti-autochtone http://pages.globetrotter.net/seahorse/onfire.txt

Des centaines de manifestants blancs et mécontents, arborant des affiches décorées des slogans `Plus de Privilèges Spéciaux' et `Gardez nos Parcs' ont confronté un homme autochtone seul, au parc provincial de Pinery en avril 1996. Maynard T. George, un Ojibwe, était venu au parc simplement,pour informer le superintendant de son intention d'entreprendre des actions légales pour récupérer le parc, qui est un territoire des Premières Nations. George, à l'intérieur de sa van, a été entouré alors que les protestataires lui lançaient `Sors de la George!' et criaient des remarques racistes comme `Où est ton teepee?' Beaucoup dans cette bande de colons, pour la plupart des propriétaires locaux, sont membres de la Fondation Ontarienne pour les Droits Individuels et l'Égalité (ON F.I.R.E.-en anglais- Ontario Foundation for Individual Rights
and Equality) Depuis l'été 1995, les colons vivant dans le comté de Lambton et ses environs (sur la côte ouest du Lac Huron, au nord-ouest de Sarnia) se sont organisés pour propager publiquement leurs déclamations anti-autochtones et racistes à travers l'organisation ON F.I.R.E.

Avant d'arriver à partager un territoire comme ce fut le cas pour le Nunavut deux choses sont à considérer

Chaque nation autochtone doit d'abord régler ses revendications territoriales pour ensuite pouvoir négocier son autonomie gouvernementale. Le but d'une revendication territoriale est de clarifier la propriété du terrain pour ensuite définir les normes de gestion des ressources non renouvelables. À ce niveau, les discussions se font entre les nations autochtones et le gouvernement fédéral puisque ce sont les terres appartenant à la Couronne qui sont en jeu. Dans la majorité des cas, la découverte de ressources non renouvelables pousse les nations autochtones à revendiquer leur droit sur les terres puisqu'un intérêt économique se trouve en bout de ligne.


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Ressources complémentaires

  1. Entente de principe entre Québec et quatre communautés innues http://www.mce.gouv.qc.ca/d/html/d2262001.html
  2. Reportage vidéo téléchargeable sur le site de Radio-Canada à propos des réalités innues http://www.radio-canada.ca/actualite/lepoint/reportages/2003/01/16/innus/innus.htm
  3. Foresterie et autochtone http://www.autochtones.com/fr/foresterie/
  4. Reportage vidéo téléchargeable sur le site de Radio-Canada Les pêcheurs de crabe refusent de prendre le large. http://www.radio-canada.ca/actualite/lepoint/reportages/2003/05/05/crabedesneiges/crabedesneiges.htm
  5. Portail des autochtones du Canada http://www.aboriginalcanada.gc.ca/abdt/interface/interface2.nsf/frndoc/2.html
  6. Se former une idée http://www.vigile.net/cris/bonhommecris.html
  7. Les nations autochtones http://www.clic.net/~lagriffe/Nations.htm
  8. Cliquez sur "société" puis sur "autochtone"o http://www.vigile.net/ Le seul quotidien indépendantiste où vous trouverez une foule de points de vue et d'arguments pour les défendre.

Outils

  1. Les schémas Inspiration
  2. La carte géographique sur la situation des Nations au Québec http://www.ainc-inac.gc.ca/qc/aqc/nat_f.html
  3. Fiche méthodologique du débat scientifique

FICHE MÉTHODOLOGIQUE

Le débat scientifique

1. L'affirmation est posée On cherche à diviser et à partager autrement le territoire québécois entre les autochtones et les blancs (vraie ou fausse/ en voie de prospection (curiosité qui pousse vers l'avant; en voie de rétrospection (doute qui signale un moment d'arrêt, un retour vers quelque chose qui n'a pas été clarifié). Un premier vote et le paysage de l'opinion du groupe est tracé. L'orientation donnée au questionnement dénote déjà l'intention des élèves face à la situation-problème mettant en jeu un ou plusieurs concepts importants.
2. Pour (d'accord) contre (pas d'accord) ou neutre 
3. Stop. Pas si vite. Il faut dire pourquoi (les raisons)... La discussion se met en route. Les connaissances se mobilisent. Les représentations émergent, se heurtent aux autres, s'attirent, se repoussent, évoluent, se renforcent, s'effritent; toute élaboration suit une règle très simple : ce qui est avancé doit être prouvé (une étude scientifique, des données concrètes), argumenté (un exemple, une comparaison, une citation -voir les procédés explicatifs-) (Dans le URL enlever le /2002-geo/ et vous accéderez au document. Je ne connais pas la syntaxe pour le faire disparaître, j'ai besoin d'aide ! Ce document est dans un sous-dossier, je ne peux sortir du dossier dans lequel ce sous-dossier est inséré...)
4. Des expériences (comme toute élaboration dans le kf - logiciel qui retrace la co-construction -, entre autres, notes, perspectives, graphiques, cartes géographiques, croquis...) étayent les propos, infirment, confirment.
5. Régulièrement, on suit l'évolution des opinions et on redemande les raisons.
6. Les questions entre les concurrents s'affinent, s'orientent. D'autres problèmes surgissent et la compétence émerge. Elle devient alors plus consistante. Elle est davantage maîtrisée par le groupe. Les composantes de la compétence s'emboîtent les unes dans les autres, la compétence se reconstitue alors même que les fonctions cognitives se raffinent et que les habiletés sociales se mobilisent et se développent.
7. Le savoir se construit, se socio-construit et réorganise la pensée.
8. Le bilan de ce qui s'est passé, comment on s'y est pris, ce qu'on a appris et comment est saisi en séquence vidéo (on pourrait d'ailleurs envisager une écoute du film en invitant les élèves à faire une théorisation)*enlever le /2002-geo/ . Toutes ces actes d'interaction, de relation et de communication habituent le groupe à la métacognition, c'est-à-dire à conscientiser l'acte d'apprendre.


Il est bien évident que l'animateur anime, relance, reformule, questionne, pousse l'argumentation, provoque les réactions, écrit... Telles sont ses missions.

* Pour les enseignants : De la nécessité de théoriser ? enlever le /2002-geo/