Accompagnement des phases de réalisation d'une situation-problème
Louise Ménard
Enseignante à PROTIC et CP partenaire
École secondaire les Compagnons-de-Cartier, Québec
janvier 2006
Accompagner l'élève dans son questionnement et à travers les phases de production d'une situation problème, c'est d'abord connaître
Phases, besoins et obstacles
La rupture avec le connu
La rupture est un frein à ce que l'élève connaît comme stimulant à la réalisation d’un but; le temps qui s’écoule entre le moment ou un but est fixé et le moment de sa réalisation. Ce temps est une source de tension considérable qui nécessite une formulation de la situation par l'élève, ce qui veut dire qu'il listera les tâches et activités.
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L'inquiétude
L'inquiétude peut se traduire par une peur irrationnelle ou illogique devant la tâche à accomplir. Selon certaines statistiques, un élève sur dix éprouve des peurs imprédictibles caractérisées par une difficulté d’anticipation ; il manifeste un comportement d'évitement face à l'objet de la peur. La formulation des habiletés peut fournir un appui à l'élève pour aborder la tâche à accomplir. L'inquiétude peut s'atténuer si l'élève connaît les habiletés qu'il peut mettre en oeuvre pour accomplir la tâche. Le plaisir - pour soi et pour autrui - étant alors l'habileté vers laquelle converge les efforts. Un excès d’incertitude finit par ronger la personnalité. Il empêche les élèves concernés de pouvoir prendre des décisions, d'agir parce qu'il manque de confiance en eux. Il peut même les priver de relations avec les autres ou les dégrader puisqu'ils ne peuvent se fier à rien. Vivre dans un tel flou et sans repères n'est pas souhaitable. Cela dégrade la motivation de l'élève. D'où l'importance de bien cerner les habiletés et les notions à acquérir à chaque tâche ou activité ciblée par l'enseignant.
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Le doute
| La réalisation de la situation-problème ne peut s’effectuer que par des remises en questions créées par le doute. Le doute est une interrogation. Cette interrogation peut se traduire par le pressentiment, l’impression d’une réalité différente. Le doute s'oppose à la certitude, notion de ce qui est sûr et qui n'est pas discutable. La faiblesse de la formulation fait état d'un manque de vigueur à un niveau intellectuel. Ainsi si l'on déclare que douter c’est faire preuve de faiblesse, on ne donne de valeur qu'aux choses qui sont dûment démontrées et certifiées ainsi qu'à ceux qui font ces affirmations. Au contraire, si l'on admet que douter puisse être utile, parfois même nécessaire, et donc que cela soit une qualité, on donne de l'importance à la remise en question, au questionnement et à l'ouverture vers des horizons différents, voire opposés. Dévaloriser cet état de questionnement et dire que l'élève ne doit douter de rien, c'est vouloir un être sans faille. C'est prétendre qu'il peut et qu'il doit détenir un savoir parfait et que l'hésitation n'y trouve pas plus sa place que dans le comportement quotidien de chacun. Par contre, accorder de l'importance au doute, fait naître l'idée qu'il puisse faire partie intégrante d'un esprit structuré, mature et que sans le doute on ne peut s'approcher d'une connaissance construite. C’est après le jugement de Galilée en 1633, pour avoir remis en cause le principe que la Terre soit le centre de l’univers défini et pour avoir été le déclencheur de tout un bouleversement idéologique, que Descartes rendit compte des erreurs que les certitudes engendrent dans les esprits. Cependant, durant certains moments et dans des conditions particulières, le doute ne doit pas être présent. Ces instants nécessitent un sang froid et une détermination qui ne doivent pas être perturbés. Il suffit d’imaginer un pilote de formule un pour qui un seul moment d’hésitation peut provoquer la mort. Douter peut être également une manière de faire opposition à des évidences que l’on ne veut pas admettre, une manière de refuser de concevoir qu’il existe pour certaines choses des règles non discutables. En ce point, douter est une faiblesse car cela montre chez un élève une incapacité de se raccrocher à des valeurs socialement admises et communes. Le doute est une construction : il faut des bases solides, structurées, pour pouvoir résoudre un problème. En partant de cette idée, on peut facilement comprendre qu’un doute excessif et quasi-permanent a de fortes chances de se solder par des échecs et un manque de confiance en soi et en les autres. Si l’on doute de tout, tout le temps, il ne peut pas y avoir de progression. L'élève qui doute à ce point est instable et éprouve de la souffrance de ne pas pouvoir progresser et réussir comme il le voudrait peut être. Dans ce cas, cela montre une réelle incapacité ou incompétence de savoir ou de faire quelque chose, c’est même plus qu'une faiblesse, c'est un handicap. Même si on parle d'un doute constructif ou d'un doute de résolution de problème, certains élèves peuvent être déstabilisés, se sentir angoissés, perdus face à la prise de conscience que pratiquement rien n'est certain. À ce moment là, peuvent-ils considérer que douter soit une force ? Le doute conserve cependant un rôle et une utilité qu’on ne peut lui enlever. Douter, c'est admettre que l'on peut se tromper et être trompé par nos sens ou par nos propres pensées. On peut prendre l’exemple des illusions d’optiques. Refuser le doute, c'est se fermer à l'éventualité que la réalité puisse être différente et donc risquer de se tromper. Paradoxalement, cela peut être un moyen d'avoir les idées plus claires. Il y a également des raisons médicales de douter. On sait aujourd’hui que les impressions dépendent, entres autre, des connexions qui s’opèrent entre les neurones et qui varient en fonction de l’état d’esprit, de l’état émotionnel, et de tant d’autres variables. L'environnement culturel aussi peut être un facteur à ne pas négliger. L'éducation que l'élève a reçue et le milieu dans lequel il a grandi a forgé en lui des concepts qui peuvent être inexacts. D'autant plus de raisons de trouver qu'il est légitime et raisonnable de douter. Le doute peut permettre de défaire les idées reçues, les préjugés et donc d'écouter sa propre logique pour avancer. Ainsi il s'aperçoit que le doute peut entrer dans une dimension totalement différente. Ce doute n'est plus le signe d’une incapacité quelconque, il permet de progresser dans une quête de résolution qui conduit à une réalité plus nuancée où l'élève rend compte du décalage qu'il peut y avoir entre ce qui lui paraissait réel et ce qui l'est vraiment. Dans le bouddhisme et d'autres philosophies orientales, le doute est une part importante du travail de réflexion. Il est considéré comme nécessaire pour élever sa conscience. Les apparentes certitudes sont reconsidérées et on réfléchit aux significations. En effet, on trouve, dans ces raisonnements, l'idée que les perceptions que l'on a de ce que l'on croit être réel sont illusoires ou ne sont qu'une très petite partie de la réalité. Dans ce cas là, il devient primordial de développer une capacité d'amener le doute vers des considérations qui sont moins évidentes et parfois difficiles à comprendre ou à accepter. Un doute créatif n'est pas une faiblesse. Il permet d'aborder un problème avec plus de prudence et de subtilité en écartant les préjugés et les a priori. Mais l'élève a-t-il cette capacité de douter de manière constructive ? L'enseignant ou l'adulte ne doit-il pas l'accompagner dans et vers ce questionnement ?
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La déstabilisation
| Une expérience de déstabilisation est une expérience où l'élève cherche à comparer ses habiletés par rapport aux critères déterminés.Cette expérience est une confrontation entre le réel et la réalité, entre ses perceptions et ses croyances. L'élément d'ordre abstrait, souvent appelé hypothèse pose la première étape d'un processus d'évaluation. La conduite de cette expérience mène à deux types de bénéfice. D'abord le bénéfice de l'expérience en matière d'informations nouvelles (si l'expérience a été pertinente), mais aussi dans tous les cas, un apprentissage sur les causes des éventuels ajustements, apprentissage qui sera réinvesti dans la définition d'un savoir plus adéquat. Les évaluations réalisées selon un modèle ancré, simultané et transformatif sont essentielles en matière de progrès. On peut nommer évaluation :
Ainsi, une déstabilisation se révèle être une étape de l'évaluation, qui s'est réalisée en comparant l'habileté réelle et les habiletés demandées. Elle est une évaluation parmi d'autres et révèle dès lors une manière d'opérer particulière à l'élève.
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Le déséquilibre cognitif
| Au cœur du modèle du fonctionnement cognitif de Piaget, on trouve le "déséquilibre cognitif" résultant du décalage entre les conceptions de l'apprenant et les informations qu'il reçoit, déséquilibre qui serait le moteur de l'appropriation de la connaissance par l'apprenant. L'existence de ce déséquilibre cognitif tient, d'une part à la possibilité pour l'élève de rentrer dans le jeu de la connaissance (d'où l'importance de la synthèse dans l'acte d'enseignement-apprentissage), d'autre part aux propositions d'actions ouvertes qui lui seront offertes. Il parait ainsi formateur d'inclure une initiation à la démarche de modélisation, une réflexion sur la distinction entre faits d'observation et interprétation, entre description du phénomène observé et description modélisante. En tant qu'acte d'éducation, l'enseignement-apprentissage
La cognition regroupe les divers processus mentaux allant de l'analyse perceptive à la mémorisation, à l'appropriation dans des schèmas ou des concepts, par lesquels nous construisons une représentation opératoire de la réalité à partir de nos perceptions. C'est elle qui est susceptible de nourrir nos raisonnements. Elle peut se résumer comme l'étude des hautes fonctions humaines. C'est, avec l'affect, l'instinct et l'éthique, l'un des quatre grands facteurs du comportement et de la prise de décision. Son incidence tant dans la vie courante que dans les grands sujets influençant la société est fondamental. Voici des questions à poser quand une première évaluation comparée a été effectuée.
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La planification
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La planification de son projet d'amélioration est le premier acte qui doit guider l'élève. Il est indispensable de prendre le temps nécessaire pour définir quelles seront les étayages prioritaires et sur lesquels il aura à concentrer toute son énergie. Comment faut-il s’y prendre pour faire des choix souvent difficiles ? On peut penser à un système de pair-aidant, de procédure à suivre... Cet type de soutien propre à l'enseignant invite l'élève à réfléchir ses apprentissages de manière à se donner des pistes d'amélioration. Cette réflexion ne doit pas pour autant inciter l'élève à vouloir être trop gourmand, car cette forme de boulimie conduit elle aussi à l’indigestion et à une baisse de la motivation ….Voilà ce qui guette l'élève, s'il n'est pas capable de faire les choix qui s’imposent. Il est donc impératif de se poser la question sur ce qui l'aidera vraiment à progresser (loi de Pareto), même si effectivement tout lui semble accessible et réalisable. Pour une situation complexe, un minimum de 12 périodes est nécessaire pour espérer des progrès tangibles et quantifiables. La période d'évaluation doit quant à elle se composer d'au moins deux temps entrecoupés d'une séquence d'entraînement qui précède la finalité. Cela signifie donc que l'on ne peut raisonnablement programmer des situations incluant des habiletés sans un laps de temps bien précis entre chacune d'elles. Ceci s'explique par le fait que chacune nécessite une des tâches et activités spécifiques, basées sur la répétition de procédures. On ne peut être performant à ces différentes vitesses qu'après les avoir répétées, maîtrisées et intégrées à l'entraînement et cela nécessite du temps. Quelles que soient le choix des défis, la planification repose sur les mêmes principes, à savoir :
Cas d'application d'une planification : le webfolio
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La recherche d'information : 6 étapes de la recherche et notion de "mots-clés"
Utilisation de stratégies cognitives et métacognitives
Organisation de l'information
Partage de production