Louise Ménard
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de l'élève
Pamphlet et pamphlétaire
DÉMARCHE
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Définition |
Exemples |
DÉFINITION
QUELQUES PAMPHLETS ET PAMPHLÉTAIRES
Blaise Pascal (1623-1662),
Les Provinciales.
Jean-Paul Marat (1743-1793), Les Chaînes de l'esclavage.
Camille Desmoulins (1760-1794), La France libre.
André de Chénier (1762-1794), Iambes.
Paul-Louis Courrier (1772-1825), Pamphlets.
Henri Rochefort (1831-1913), La Lanterne.
Jules Vallès (1832-1885), Les Réfractaires.
Arthur Buies (1840-1901, Québécois), La Lanterne.
Émile Zola (1840-1902), J'accuse.
Octave Mirbeau (1846-1917), Le Comédien.
Léon Bloy (1846-1917), Les Dernières colonnes de
l'Église.
Charles Péguy (1873-1914), Notre jeunesse.
Jean Paulhan (1884-1968), De la paille et du grain.
René Crevel (1900-1935), L'Esprit contre la raison.
Pierre Vadeboncoeur(1920, Québécois), Un génocide en douce.
Jean-François Revel (1924), La Cabale des dévots.
Pierre Vallières (1937, Québécois), Nègres
blancs d'Amérique.
Pierre Falardeau (1946, Québécois), La
Liberté n'est pas une marque de yogourt.
Pierre Falardeau LE SUPPLICE DE LA GOUTTE dans La Liberté n'est pas une marque de yogourt. Ce texte a d'abord été publié dans Le Devoir et La Presse. Il s'agit d'une réplique à une lettre de M. Salvatore Scali, concepteur-rédacteur en publicité.
Votre "La pub c'est la liberté" résume bien, monsieur Scali, tout ce que je déteste dans la publicité, soit la perversion du langage... Cette perversion qui ratatine la pensée, qui rabaisse l'esprit, qui abrutit la conscience, qui rapetisse la vie. Cette perversion des mots qu'on nous enfonce dans la gorge, 1000 fois par jour. Jour après jour. Sans fin. Comme le supplice de la goutte. Comme si on poursuivait, à l'échelle de la planète, l'opération militaire américaine au Viêtnam baptisée " La Conquête des coeurs et des esprits ". Le totalitarisme de la marchandise, c'est aussi du totalitarisme.
...Cette perversion qui consiste à associer un produit à tout et à rien, dans le seul but de nous le vendre. Cette perversion qui permet de coller n'importe quoi à n'importe quoi pour donner une signification à ce qui est insignifiant. Cette perversion qui cherche à donner du sens à des objets sans bon sens en leur transférant des qualités qui n'existent que dans le cerveau vicieux des faiseux d'annonces.
Je regrette beaucoup, monsieur Scali, mais pour moi la liberté n'est pas une marque de yogourt. [... ]
Quand je
pense à la liberté, monsieur Scali, je pense à Pablo Casals,
à Miron, à Gilles Groulx, à Siqueiros. Je pense à
Vadeboncoeur, à René Char, à Camus, à Étienne
de La Boétie. Jamais à ce concepteur-rédacteur qui cherche
à me faire croire que la liberté, c'est un tas de tôle fabriqué
par General Motors, Toyota ou Chrysler. Un tas de tôle, en fait, qui ne
sert qu'à transporter son gros cul d'un bungalow insipide à un
centre d'achats déprimant. [... ]
Ma critique, cher monsieur Scali, contrairement à ce que vous pensez,
n'est pas artistique ni étroitement idéologique. C'est beaucoup
plus profond. Ma critique est physique. Je dirais même biologique.La petitesse
me donne mal au coeur.C'est viscéral.
«
Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique. »
« Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte. »
« Il y a des ordres injustes, qui cachent les pires désordres.
»
« Il faut tout de même voir qu'il y a des ordres apparents qui recouvrent,
qui sont les pires désordres. »
« En politique, on ne s'entendra jamais. Mais c'est peut-être ce
que demandent les partis. C'est peut-être le jeu des partis. »
Quelques citations extraites de son oeuvre Les chaînes de l'esclavage.
"Quelquefois les plus petits ressorts font mouvoir les plus grandes machines."
"La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant coureur de leur servitude."
"Tout pouvoir qui ne tolère que nos faiblesses doit être détruit."
"C'est par la violence que l'on doit établir la liberté."
"Il semble que ce soit le sort inévitable de l'homme de ne pouvoir être libre nulle part."
"Mon existence est une campagne triste où il pleut toujours".
"Une sainte peut tomber dans la boue et une prostituée monter dans la lumière, mais jamais ni l'une ni l'autre ne pourra devenir une honnête femme".
Pierre
Vallières
Nègres blancs d'Amérique pour lire d'autres
extraits de l'oeuvre de Vallières
"Car il est anormal, injuste et inhumain que le pouvoir économique et politique qui gère la vie entière des travailleurs n'appartienne pas aux travailleurs eux-mêmes, mais à d'autres, à des parasites dont la seule fonction, la seule ambition et le seul intérêt est d'accumuler des profits sans limites, à même le travail, l'énergie, la sueur, la vie de la majorité des citoyens."
"Être un "nègre", ce n'est pas être un homme en Amérique, mais être l'esclave de quelqu'un. Pour le riche Blanc de l'Amérique yankee, le "nègre" est un sous-homme. Même les pauvres Blancs considèrent le "nègre" comme inférieur à eux. Ils disent : "travailler dur comme un nègre", "sentir mauvais comme un nègre", "être dangereux comme un nègre", "être ignorant comme un nègre"... Très souvent, ils ne se doutent même pas qu'ils sont, eux aussi, des nègres, des esclaves, des "nègres blancs". Le racisme blanc leur cache la réalité, en leur donnant l'occasion de mépriser un inférieur, de l'écraser mentalement, ou de le prendre en pitié. Mais les pauvres blancs qui méprisent ainsi le Noir sont doublement nègres, car ils sont victimes d'une aliénation de plus, le racisme, qui, loin de les libérer, les emprisonnent dans un filet de haines ou les paralyse dans la peur d'avoir un jour, à affronter le Noir dans une guerre civile."
"Le
gros problème, c'est que les fascistes ont le capital au départ,
tandis que nous, au départ, nous n'avons que le droit,
la justice... et la pauvreté. Mais les fascistes se font rarement tuer
pour le peuple. Ils ne font rien par solidarité, sans un objectif matériel.
Ils brisent les grèves et fusillent les travailleurs qui veulent s'emparer
des usines. Ils sont du côté de la Police et des Juges. Mais, malheureusement,
le peuple s'en aperçoit souvent trop tard… Et alors, une fois de
plus, la résignation, la soumission et la honte reprennent le dessus
sur la violence et le désir de libération.
Tout cela n'est pas simple ni toujours "contrôlable" physiquement.
Dans un temps de crise, la théorie est une bien petite arme. C'est avant
la crise qu'il faut voir clair et organiser les fondements d'une révolution
populaire. Il faut toujours avoir présent à l'esprit que les crises
économiques, politiques et sociales qui favorisent le développement
d'une révolution authentiquement populaire sont les mêmes qui favorisent,
en même temps, l'émergence du fascisme. Et les classes dirigeantes
ont toujours recours au fascisme quand elles sont prisent de panique. Car le
fascisme est, en temps de crise, leur meilleur instrument de combat et de répression.
Quand la crise est finie, les fascistes se font "démocrates",
"libéraux", "sociaux-chrétiens"... L'illusoire
démocratie peut recommencer d'exploiter le peuple dans
un climat de "paix sociale" !"
Iambes
Comme un dernier rayon,
comme un dernier zéphyr
Animent la fin d'un beau jour
Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.
Peut-être est-ce bientôt mon tour.
Peut-être avant que l'heure en cercle promenée
Ait posé sur l'émail brillant,
Dans les soixante pas où sa route est bornée,
Son pied sonore et vigilant;
Le sommeil du tombeau pressera ma paupière.
Avant que de ses deux moitiés
Ces vers que je commence ait atteint la dernière.
Peut-être en ces murs effrayés
Le messager de mort, noir recruteur des ombres,
Escorté d'infâmes soldats,
Ébranlant de mon nom ces longs corridors sombres,
Ou seul dans la foule à grands pas
J'erre, aiguisant ces dards persécuteurs du crime,
Du juste trop faibles soutiens,
Sur mes lèvres soudain va suspendre la rime;
Et chargeant mes bras de liens,
Me traîner, amassant en foule à mon passage
Mes tristes compagnons reclus,
Qui connaissaient avant tous l'affreux message,
Mais qui ne me connaissent plus.
Eh bien! J'ai trop vécu. Quelle franchise auguste.
De mâle constance et d'honneur.
Quels exemples sacrés, doux à l'âme du juste,
Pour lui quelle ombre de bonheur,
Quelle Thémis terrible aux têtes criminelles,
Quels pleurs d'une noble pitié,
Des antiques bienfaits quels souvenirs fidèles,
Quels beaux échanges d'amitié,
Font digne de regrets l'habitacle des hommes?
La peur fugitive est leur Dieu,
La bassesse, la feinte. Ah! Lâches que nous sommes
Tous, oui, tous. Adieu, terre, adieu.
Vienne, vienne la mort! Que la mort me délivre!
Ainsi donc à mon coeur abattu
Cède aux poids de ses maux? Non, non. Puisse-je vivre!
Ma vie importe à la vertu.
Car l'honnête homme enfin, victime de l'outrage,
Dans les cachots, près du cercueil,
Relève plus altier son front et son langage,
Brillants d'un généreux orgueil.
S'il est écrit aux cieux que jamais une épée
N'étincellera dans mes mains;
Dans l'encre et l'amertume une autre arme trempée
Peut encor servir les humains.
Justice. Vérité, si ma main, si ma bouche,
Si mes pensées les plus secrets
Ne froncèrent jamais votre sourcil farouche,
Et si les infâmes progrès,
Si la risée atroce, ou, plus atroce injure,
L'encens de hideux scélérats
Ont pénétré vos coeurs d'une longue blessure;
Sauvez-moi. Conservez un bras
Qui lance votre foudre, un amant qui vous venge.
Mourir sans vider mon carquois
Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange
Ces bourreaux barbouilleurs de lois!
Ces vers cadavéreux de la France asservie,
Égorgée! O mon cher trésor,
O ma plume! Fiel, bile, horreur. Dieux de ma vie!
Par vous seul je respire encor :
Comme la poix brûlante, agitée en ses veines
Ressuscite un flambeau mourant,
Je souffre; mais je vis. Par vous, loin de mes peines,
D'espérance un vaste torrent
Me transporte. sans vous, comme un poison livide,
L'invisible dent du chagrin,
Mes amis opprimés, du menteur homicide
Les succès, le sceptre d'airain;
Des bons proscrits par lui la mort ou la ruine,
L'opprobre de subir sa loi,
Tout eut tari ma vie; ou, contre ma poitrine
Dirigé mon poignard. Mais quoi!
Nul ne resterait donc pour attendrir l'histoire
Sur tant de justes massacres.
Pour consoler leurs fils, leurs veuves, leur mémoire,
Pour que des brigands abhorrés
Frémissent aux portraits noirs de leur ressemblance?
Pour descendre jusqu'aux enfers
Nouer le triple fouet, le fouet de la vengeance,
Déjà levé sur ces pervers?
Pour cracher leurs noms, pour chanter leur supplice?
Allons, étouffe tes clameurs;
Souffre, o coeur gros de haine, affamé de justice;
Toi, Vertu, pleure, si je meurs.