Les Premiers occupants

Sommaire pour l'élève


Enjeu. Le concept d'enjeu fait référence aux défis que la société affronte. Il contraint à élargir l’horizon des points de vue tout en s’assurant qu’aucun acteur n’est laissé à l’écart. Par exemple, femme autochtone du Québec, jeune autochtone du Québec, les Autochtones hors réserves et dans les grandes agglomérations urbaines, droits autochtones, revendications territoriales, développement économique, autonomie politique, développement social, contenu et impacts des traités, l'image projetée via les médias, utilisation stratégique des outils de communications, etc. À lire Le défi autochtone. Un article du quotidien Le Devoir datée du mois de juin 2007.

L'éducation


http://www.tbs-sct.gc.ca/report/govrev/05/ann3-PR_f.asp?printable=True

Le mythe du bon sauvage écologiste.
On pense généralement que les populations autochtones n'avaient qu'un impact écologique marginal en raison de leur faible niveau de développement économique. S'il est indéniable que les Amérindiens n'avaient pas de problèmes de déchets toxiques, ils possédaient néanmoins un instrument ayant des conséquences écologiques considérables: le feu. Sur le site Le Québécois libre

D'où viennent les Premiers Occupants de l'Amérique du nord ?
À écouter certains leaders autochtones justifier leurs revendications territoriales, on pourrait croire que leurs ancêtres ont vécu confinés sur un petit territoire pendant des milliers d'années. Il n'en est évidemment rien et l'histoire de l'Amérique est semblable à celle de l'Europe dans la mesure où les migrations et les déplacements de population y ont toujours été importants. Ce qui est toutefois plus remarquable dans les avancées scientifiques des dernières années, c'est qu'il semble de plus en plus plausible de croire que les autochtones vivant aujourd'hui en Amérique ne sont pas les descendants directs des premiers êtres humains ayant vécu sur ce continent. Comme nous le savons tous, la théorie de vagues migratoires successives par le détroit de Bering lors de la dernière période glaciaire a longtemps été invoquée pour expliquer le peuplement de l'Amérique. Certaines anomalies relevées au cours des dernières années sont toutefois en train de bouleverser de vieilles certitudes. Sur le site Le Québécois libre

Conséquences intergénérationnelles des abus dans les pensionnats indiens
Les traumatismes intergénérationnels ou multigénérationnels sont présents lorsque les effets des traumatismes ne sont pas résolus au cours de la vie d'une génération. Lorsqu'on ignore les traumatismes et qu'on n'accorde aucun soutien pour les régler, ces traumatismes seront transmis d'une génération à l'autre. Ce que nous apprenons comme étant " normal " étant enfants, nous le transmettons à nos propres enfants. Les comportements malsains que les gens adoptent pour se protéger peuvent être transmis aux enfants, sans même savoir que ces comportements sont transmis. Voilà ce que sont les répercussions des abus physiques et sexuels subis par les Autochtones dans les pensionnats. Ce traumatisme non résolu lié aux abus sexuels ou physiques que les Autochtones ont subis ou dont ils ont été témoins est transmis de génération en génération. Bien des générations d'enfants inuits, métis et des Premières Nations ont passé la plus grande partie de leur vie dans des pensionnats indiens. Les abus et la négligence à leur endroit ont laissé des marques jusque dans leur vie d'adulte, et ont eu des conséquences sur la vie de leurs descendants dont les familles ont subi de nouveau les abus et la négligence. Site Que sont les enfants devenus ?


Territoire. Le concept de territoire fait référence aux usages concurrents d’une même ressource [de chasse, de pêche, de forêt, de l'eau, etc.) ou complémentaires d'un même espace. La superposition des ajustements territoriaux est la clef non seulement d'un partage de la terre, mais surtout d'une exploitation conjointe de celle-ci. Ce régime contraint au « voisinage » et fait du territoire le théâtre de relations intercommunautaires et d’ordres juridiques multiples, un lieu potentiel de conflits d’usage, un espace obligé d’interdépendance. Le concept de territoire recueille des données dans l'espace géographique informant sur l'organisation des individus du territoire (cartes) et évaluant l'impact des institutions politiques et des aménagements relatifs à leur fonctionnement et à leur évolution (graphiques). Ainsi, le territoire est composé de trois sphères : celles des individus, celle de la politique, celles des relations économiques, sociales et culturelles. Par exemple, les sociétés iroquoiennes comptaient une vingtaine de nations sédentaires dont la population était dispersée dans une centaine de villages. Ci-contre, sur la carte du Québec, vous pouvez observer la localisation des Innus. Pour découvrir les territoires et les sociétés autochtones, on peut explorer les thèmes suivants: localisation, qualité du sol et les reliefs, la flore, la faune, les feuillus et les conifères, l'hydrographie, la population. Réf : Le territoire comme un système complexe d'Alexandre Moine. Document pdf ; L'évolution constitutionnelle du Québec et des peuples autochtones : le défi de l'interdépendance de Ghislain Ottis. Document pdf ; Sociétés et territoires autochtones de ÉduTIC Mauricie

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Innus


Société. Le concept de société s'intéresse à l'instauration des lois communes, des privilèges, à la conduite de la production et de la distribution des richesses. Le concept est une forme spécifique de volonté de centre, de clôture, de référence, de « chez soi » dont les symboles reflètent l'identité. Le concept de société étudie l’expérience des rapports entre les hommes, et participe à la construction de normes et de modèles sociaux. Les clans familiaux, rôle des femmes, rôle des hommes, éducation des enfants, rôle des aînés, vie politique et personnes importantes tout comme les institutions ou les systèmes créés par les humains peuvent apporter un éclairage au concept de société.

Les relations entre les peuples autochtones
Le Créateur a offert à toutes ses créations des systèmes de gouvernance. Ces sociétés sont nos systèmes éducatif, administratif, militaire et policier. Il y a 100 ans, dans la nation des Pieds-Noirs, de nombreuses sociétés se côtoyaient : la société des Abeilles, la société des Mouches, la société des Vers, ainsi de suite. L’âge déterminait l’appartenance à une société particulière. Les enfants se joignaient à une société alors qu’ils étaient encore tout jeune, y étaient membres quelques années puis changeaient de société. Par exemple, la société des Mésanges admettait des enfants âgés de 8 à 12 ans qui pouvaient ensuite passer à la société des Poulets des Prairies et servir d’aînés aux nouveaux membres de la société des Mésanges. Les sociétés offraient un mode d’apprentissage; elles enseignaient aux enfants la discipline mentale, physique et spirituelle. Et lorsque l’enfant grandissait, il était admis à la société adulte appropriée. Le respect de l’autre, l'hospitalité, le partage et l'entraide caractérisaient l'organisation sociale des sociétés autochtones du Nord-Est. L'hospitalité et l'entraide assuraient un abri et de la nourriture pour tous. Cela était considéré normal de partager avec celui qui disposait d’encore moins que soi. Les lois de l’hospitalité étaient rigoureusement observées, parfois même jusqu’à l’appauvrissement. Plusieurs observateurs d’origine européenne remarqueront la générosité des peuples autochtones. Le sens de l’humour est aussi une qualité très appréciée au sein des sociétés autochtones.

Les relations des peuples autochtones avec le gouvernement des "Blancs"

D'autres types de relations se sont installées, tels entre le gouvernement et les autochtones vers 1500 et aujourd'hui.

La perspective à gauche débute avec la ligne intitulée « Société Occidentale » et se poursuit dans une direction descendante tout au long de l'Étape 1, représentant le voyage de ces peuples à travers l'océan Atlantique jusqu'aux rivages de l'Amérique du Nord.

Cette arrivée de peples occidentaux marque le début de l'Étape 2, celle des contacts en Amérique du Nord entre la Société autochtone et la Société non autochtone.

Lorsque les Indiens perdent leur importance économique, stratégique et militaire aux yeux de la Société Occidentale, ils deviennent des marginaux de la société, tel qu'indiqué par la ligne descendante dans l'Étape 3. Le déplacement est accompli par divers moyens qui sont illustrés dans le diagramme par la Loi sur les Indiens et les traités qui établissent un système de terres appelé « réserve » dans l'organisation sociale.

Cependant, les Indiens n'ont pas renoncé à leur identité afin de s'intégrer dans le courant principal de la Société. Dans ce diagramme, l'Étape 4 est caractérisée par une ligne continue qui se poursuit, représentant la continuité de l'existence des Indiens en tant que marginaux de la Société. Les Indiens n'ayant pas été assimilés et n'ayant pas disparu, il existe encore un système de réserves et des responsabilités du gouvernement fédéral à l'égard de la surveillance et de l'administration. Qu'en sera-t-il de leurs relations futures avec le gouvernement ?
http://www.pch.gc.ca/progs/pa-app/environment/4_f.cfm

Les traités et le wampoum
Selon la vision britannique, une fois un traité signé, il restait en vigueur — dans un état plus ou moins constant — jusqu'à ce que l'une des parties, ou les deux, prenne des mesures claires en vue de le modifier. Par contre, pour les Iroquoiens, les alliances se détérioraient naturellement et exigeaient une attention constante. Les ceintures de wampum, données et reçues pour confirmer des ententes, portaient des symboles de l'état dynamique des relations internationales.

Dans les traités iroquois, les relations entre les parties étaient fréquemment symbolisées par le chemin et la chaîne. Les discours consignés dans les registres coloniaux contenaient de nombreuses références aux obstacles qu'il fallait enlever du chemin et à la nécessité de polir et de faire à nouveau briller la chaîne d'alliance qui liait dans la paix les participants au traité40.

Selon la tradition orale iroquoise, le wampum à deux rangs (dont il a été question au chapitre précédent) représente un traité entre les Mohawks et les colons hollandais en 161341 et les accords subséquents conclus avec les Français et les Anglais. Une description du wampum à deux rangs, symbolisant la paix et l'amitié, figurait sur le revers de la couverture du rapport du Comité spécial sur l'autonomie politique des Indiens au Canada. En voici un extrait:
Il y a un lit de wampoum blanc, qui est censé symboliser la pureté de l'entente. Il y a deux rangées en pourpre, et ces deux rangées sont conformes à l'esprit de vos ancêtres et des miens. Il y a trois perles de wampoum qui séparent les deux rangées. Elles symbolisent, ces trois perles, la paix, l'amitié et le respect.
Les deux rangs représentent deux voies parallèles, deux embarcations, naviguant ensemble sur le même cours d'eau. L'une, un canot d'écorce de bouleau, représente les Indiens, leurs lois, leurs coutumes et leurs traditions tandis que l'autre, un navire, désigne les Blancs, leurs lois, leurs coutumes et leurs traditions. Nous voyageons ensemble, côte à côte, mais chacun dans son embarcation sans que ni l'un ni l'autre n'essaie de diriger l'embarcation de son voisin. Réf : Site des Affaires indiennes et du Nord du Canada.
Les traités antérieurs à la Confédération

Le développement économique des peuples autochtones
L'apparition de nouveaux équipements culturels en milieu autochtone, vient soutenir une nouvelle industrie en pleine expansion, le tourisme. Jumelé au domaine de la pourvoirie de chasse et de pêche, le tourisme est en voie de devenir un secteur économique de pointe pour les Amérindiens et les Inuits du Québec.

Trois des projets de développement économique ont été approuvés et sont maintenant en voie de réalisation. Il s'agit d'un projet d'élevage de la perchaude par les Mohawks d'Akwesasne, de la création d'un site Internet autochtone et de la construction d'une usine de bois d'œuvre chez les Attikameks d'Obedjiwan. Par ailleurs, une autre voie dans laquelle s'engagent de plus en plus d'Autochtones du Québec est celle du partenariat d'affaires. On en a eu de nombreux exemples récemment.

  1. la construction de l'usine d'Obedjiwan dont je viens de parler se fait en association avec une compagnie forestière québécoise.
  2. les Cris de Waswanipi et la compagnie forestière Domtar ont ratifié un accord de partenariat, en août 1996, pour la construction d'une scierie dans la communauté crie. Pour ce faire, ils ont constitué une société dont la participation crie est de 55 % et celle de Domtar de 45 %.
  3. les Montagnais de Matimekosh se sont mis en partenariat avec la compagnie minière Noranda afin de favoriser une plus grande mise en valeur du potentiel minier de la Côte-Nord du Saint-Laurent et permettre une plus grande participation des Montagnais au développement minier.
  4. les Inuits ont signé une entente avec la compagnie minière multinationale Falconbridge pour l'exploration et l'exploitation d'un important gisement de nickel au Nunavik. Les Inuits ont la priorité d'emploi sur le site Raglan et bénéficieront de retombées économiques très appréciables.

Réf : La société assiégée, Zygmunt Bauman, Trad. de Society Under Siege, par Christophe Rosson ; Sociétés et territoires autochtones de ÉduTIC Mauricie ; Secrétariat aux affaires autochtones, Allocution de M. Guy Chevrette ministre aux affaires autochtones.


Culture Le concept de culture définit à la fois la capacité et la tendance à l'apprentissage, à la pensée, et à l'agissement social, et également l'adaptation aux conditions locales, qui prend des formes extrêmement variables en terme de croyances et de pratiques. À gauche, un militaire autochtone, Earl Charters à bord du NCSM Winnipeg pendant l’opération Augmentation dans le golfe Persique, en mai 2001. Les domaines suivants viennent donc enrichir le concept de culture : langues, médecine, justice, vêtements, alimentation, techniques, totems, plumes et pacotilles, chants, danses et tambours.

Au Canada de nos jours, il existe au moins 56 traditions autochtones distinctes, y compris celles des Inuits du Nord, et beaucoup d'autres existent au sud de la frontière séparant le Canada et les États-Unis. Chacune des onze nations autochtones du Québec possède diverses caractéristiques culturelles distinctes. C'est pourquoi il faut parler de plusieurs cultures autochtones.

Au Québec, nous assistons, depuis quelques années, à un véritable phénomène de réappropriation de la culture par les Autochtones. Au fil des siècles, les cultures autochtones ont évolué, bien sûr. Surtout au contact des cultures européennes apportées en terre d'Amérique à partir du 16e siècle. Mais toute culture possède un caractère dynamique et la disparition de certaines traditions ne signifie pas pour autant la disparition de la culture. L'Amérindien ou l'Inuit d'aujourd'hui, même s'il ne chasse plus ou s'il le fait avec des méthodes modernes, n'en demeure pas moins profondément autochtone.

Dans le domaine des langues
L'une des manifestations culturelles qui témoigne le mieux de la vitalité de la culture d'un peuple c'est la langue. Avec elle, on peut reconnaître les familles linguistiques du Québec. Les cultures autochtones sont essentiellement basées sur la tradition orale. Cela explique sans doute pourquoi la radio a obtenu la faveur des Autochtones, davantage que la presse écrite ou la télévision. Au Québec presque toutes les communautés autochtones ont leur poste de radio communautaire. Ces radios diffusent dans les langues autochtones. Avant, autour du feu, à l’intérieur de l’habitation, les anciens prenaient souvent la parole pour raconter des légendes qui se perpétuaient grâce à la répétition fidèle de celles-ci au fil des saisons qui se succédaient.

La langue s'exprime aussi à travers la toponymie. On peut penser ici à la ville d'Oka qui est le dérivé de l'algonquin okow "poisson doré, espèce qui se pêche toujours en face de la municipalité. Les Amérindiens qui s'y installèrent provenaient essentiellement de deux nations différentes : des Algonquins, qui avaient habité les rives de la rivière Outaouais depuis des temps immémoriaux avant d'être chassés par des guerres iroquoises, et des Iroquois (aujourd'hui nommés Mohawks) convertis au catholicisme qui avient décidé de quitter leurs villages pour des raisons socioreligieuses. Chacune des 2 ethnies avait son propre village. Celui des Iroquois prit le nom de Kanesatake, "au pied de la côte", bien que cette appellation ne fut officialisée qu'en 1986 selon le site de la Commission de toponymie

Le domaine technique
Les techniques quant à elles peuvent s'exprimer à travers les habitations : emplacement, construction, aménagement intérieur, vie sociale dans l'habitation; aussi, à travers des moyens de transport, armes, arts, outils, jeux et sports.

En matière de justice pour les Autochtones du Québec. À la suite d'un Sommet de la justice tenu en 1992 et auquel plusieurs représentants autochtones ont participé, le ministre de la Justice du Québec a mis sur pied un Comité de consultation sur l'administration de la justice en milieu autochtone. Celui-ci a remis son rapport en 1995. Plus de 20 recommandations du comité sont actuellement mises en œuvre par le ministère de la Justice du Québec. Parmi les mesures déjà mises en place, on peut citer la nomination de trois juges de paix inuits et la formation de comités de justice dans certains villages inuits, ainsi que l'ouverture d'un bureau d'aide juridique au Nunavik. Les femmes autochtones auront un grand rôle à jouer dans l'élaboration de nouveaux modèles de justice pour les Autochtones. Réf : Secrétariat aux affaires autochtones. Allocution de M. Guy Chevrette ministre aux affaires autochtones

Dans le domaine des arts
On peut mentionner le Festival Innu Nikamu de Maliotenam (Mani Utenam en innu-aimun : le village de Marie)dont la vocation est de transmettre aux enfants la mémoire de la Culture innue. Les musiciens innus les plus connus sont Florent Vollant et Claude Mackenzie, du groupe Kashtin, populaire durant les années 1990. Voir un vidéo de Kashtin sur UTube

Le tipi
Nos valeurs personnelles dictent notre comportement à mesure que nous nous développons, changeons et assumons de nouvelles responsabilités. Elles sont à l’origine des décisions que nous prenons et des gestes que nous posons. Les croyances culturelles sur l’importance à accorder aux différents aspects de la vie déterminent les valeurs sociales. Les Cris comptent 15 valeurs culturelles traditionnelles qui servent de guide au maintien d’une vie saine et heureuse. Ils construisent le tipi à l'aide de 15 perches qui rendent chacune honneur à une valeur culturelle :

  1. Obéissance – accepter les conseils et la sagesse des autres
  2. Respect -- de soi et des autres
  3. Humilité – savoir que nous ne sommes pas supérieurs ou inférieurs aux autres dans le cercle de la vie
  4. Bonheur – témoigner d’enthousiasme pour encourager les autres
  5. Amour -- amour de soi et amour des autres, mais non d’objets
  6. Foi -- croyance en le monde spirituel
  7. Lien de parenté -- rapports et liens avec les parents, frères et sœurs et membres de la famille élargie; connaissance de sa propre communauté
  8. Hygiène -- hygiène spirituelle
  9. Reconnaissance -- gratitude pour la vie et la famille
  10. Partage -- partage des connaissances, histoires et traditions au profit des générations futures
  11. Force -- force spirituelle nécessaire pour faire ce qui est difficile
  12. Saine éducation des enfants -- encadrement et protection du don spécial que constitue l’enfant
  13. Espoir -- espoir que les femmes qui sont appelées à donner la vie et à prendre soin des enfants poursuivront les enseignements pour mettre au monde des enfants vifs et en santé
  14. Protection suprême -- protection de l’esprit, de la conscience, des émotions et de la santé des jeunes personnes
  15. Contrôle des rabats -- équilibre du cheminement de vie

Voilà les valeurs sacrées qui nourrissent les Cris sur le plan spirituel, physique, émotif et mental. Puisqu'on doit utiliser au moins trois perches pour tenir un tipi en place, les trois premières valeurs sont considérées comme les piliers du tipi. De la même façon, l'unité familiale requiert deux parents et un enfant.

Une cérémonie suit la construction du tipi. Durant cette cérémonie, une femme offre du tabac à notre mère, la Terre, pour la remercier d'avoir offert le matériel utilisé pour le tipi. La porte du tipi est orientée vers l'est. Le tipi se dresse dignement vers le ciel et procure de la chaleur, du bien-être, un toit, de l'amour et de l'attention à la famille. C'est pourquoi il symbolise le caractère sacré de la femme. Lorsqu'on relève ses rabats, le tipi ressemble à une veille femme debout, les bras ouverts pour remercier la vie. Le nom des femmes fait référence au feu brûlant au centre du tipi.

Les rabats servent à contrôler l’évacuation de la fumée et des insectes du tipi. Lorsque ces rabats sont bien positionnés, la fumée et les insectes sortent par le trou pratiqué au haut du tipi. Par conséquent, les rabats représentent l’équilibre du cheminement de vie. Réf: http://www.fourdirectionsteachings.com


Spiritualité

Chez les Autochtones, tous les gestes de la vie quotidienne baignaient dans la spiritualité. Bien que les traditions autochtones d'Amérique du Nord varient considérablement d'un bout à l'autre du continent, elles ont quand même plusieurs points en commun. Selon eux, tout ce qui existe, même les objets fabriqués par les humains, possède un esprit immortel et doit être respecté. La terre est la mère de toute vie, ainsi les plantes et les animaux ont un esprit qu'il faut aussi respecter, honorer et dont il faut prendre soin. Ils considèrent la vie comme un grand cercle de relations entre tous les êtres. Chaque animal, chaque plante, chaque minéral, chaque individu fait partie de ce cercle. Tous ces êtres sont égaux et en continuelle interaction. Les Autochtones veillaient à ne pas perturber l'équilibre établi entre ces êtres. Leurs rites religieux, comme leurs rituels de guérison, visaient à conserver l'harmonie entre les êtres. Les êtres servaient aussi à maintenir la communication entre les mondes visible et invisible, en constante relation, et à s'assurer la bienveillance des esprits. Le quotidien était imprégné de l’univers surnaturel.

LE TAM-TAM
Ma Mère, la Terre, ma Grand-Mère la Lune,
mon Grand-Père le Soleil,
Faites parler le tam-tam,
Chair, bois, forces bénis et honorés.
Notre Terre Sacrée, l’aube paraît.
Une culture revient à la vie.
Les tam-tams, le cercle, les danses.
Un mode ancien réveille les esprits
Et donne des réponses

Les éléments religieux des autochtones sont donc nombreux : textes sacrés et doctrines, rites autour de la pêche, de la chasse et de l’agriculture, des grandes étapes de la vie, de la naissance à la mort, code de moralité, lieux où l'on pratique les rites et les cérémonies, organisation et gestion du clergé, propagation de la foi.

Il y avait aussi des fêtes et des événements spéciaux comme la fabrication des canots d’écorce qui revêtaient un caractère sacré. Cette activité prenait la forme d’un rituel accompagnant toutes les étapes, de la cueillette de l’écorce à la décoration du canot. Ou encore, comme la cérémonie de dénomination : outre le nom à la naissance, un nom est habituellement donné par d'autres personnes qui reconnaissent certains traits particuliers de la vie de la personne, de son caractère ou de sa personnalité qui doivent être soulignés par un nom significatif. Il peut aussi être choisi par un jeune homme adolescent qui va dans la forêt découvrir les signes qui lui conférerait son autre nom. Un nom peut changer plusieurs fois au cours d'une vie. Ou encore, la cérémonie du tam-tam. Les code vestimentaire, code alimentaire, codes en matière de soins médicaux et de santé, décès et funérailles font aussi partie des éléments religieux. Chacun des peuples a élaboré un système de croyance spirituelle qui dictait la moralité et la relation personnelle avec le Créateur.

Les quatre plantes médicinales sacrées. Pour rendre grâces tous les jours à toutes ces choses dont nous avons besoin pour vivre, les Ojibwés traditionnels prennent une petite poignée de tabac qu’ils déposent dans un endroit propre sur le sol ou sur le bord d’un lac. Ce faisant, ils remercient la nature, la Création, de leur donner le souffle de la vie. Le tabac est représenté par l’est dans le cercle. Le cèdre sert de plante médicinale traditionnelle. Souvent préparé sous forme de thé, il sert à purifier le corps et l’esprit de toutes ces choses inutiles dans le cheminement d’une vie. Le cèdre est représenté par le sud. La sauge, qui est représentée par l’ouest dans le cercle, sert également à des fins de purification. On la brûle et on utilise la fumée qui s’en dégage pour se laver le corps. Le foin d’odeur est représenté par le nord dans le cercle et on s’en sert pour attirer vers soi l’énergie positive.

La mort et le souvenir
Dans le cercle d’influences, le nord représente, entre autres, l’hiver, l’étape de la vieillesse de même que la couleur blanche. Tout comme les plantes qui se transforment d’une saison à l’autre pour terminer leur vie en hiver, la vie d’une personne se déroule selon une série d’étapes qui vont de la naissance à l’âge adulte et à la mort. Selon la pensée traditionnelle ojibwée, la mort n’est toutefois qu’une des étapes du cycle de la vie, ce n’est pas la fin car il n’y a pas de fin. La force de la vie se perpétue au-delà de la mort par sa transformation en esprit. La blancheur de la neige est semblable à celle de l’esprit de la mort et la mort du corps physique est analogue à la naissance de l’esprit. La vénération des esprits est un rituel important pour demeurer conscient de la place que l’on occupe dans le cycle de vie et pour vivre sa vie pleinement. La vénération des esprits se fait dans le cadre de différentes cérémonies.

Une cérémonie de devinettes chez les Hurons-Wendats: l’Ononharoia
Des célébrations rituelles en faveur des malades se tenaient dans les villages iroquoiens. Le principal festival d’hiver chez les Hurons-Wendats était l’Ononharoia, une cérémonie de guérison des esprits. Il était célébré au moins une fois par année dans tous les grands villages wendats. Cette activité était organisée quand plusieurs personnes étaient malades ou déprimées. Pendant trois jours, les gens parcouraient le village pour trouver les objets apparus dans le rêve des personnes malades ou déprimées. S’ils les retrouvaient, ils étaient convaincus qu’elles seraient guéries. Tous les habitants du village collaboraient en essayant de deviner l'objet rêvé par le malade. Réf: Sociétés et territoires autochtones de ÉduTIC Mauricie

La grande fête des âmes
À l'arrivée des Français, la grande fête des âmes (ou fête des morts) était la plus importante de toutes les célébrations huronnes-wendates. Cette fête était tenue tous les dix ou douze ans souvent à l'occasion du déménagement d'un village. Plusieurs communautés voisines y participaient. Pendant les dix jours que durait la fête, les morts de la communauté étaient retirés de leurs tombes individuelles. Ils étaient ensuite placés avec des offrandes dans un ossuaire, c'est-à-dire une fosse commune, qui était recouverte de peaux de castor. Tous ces Hurons-Wendats décédés, ainsi que des alliés non wendats, étaient réunis dans cette grande fosse. Cette coutume permettait de consolider les liens entre ces groupes. Sociétés et territoires autochtones de ÉduTIC Mauricie http://www2.uqtr.ca/hee/site_1/index.php?no_fiche=1962

Le loup
Lorsque le loup eut terminé de créer le monde, il réunit tous les animaux de la terre pour discuter de la création de l'homme.
Légende des indiens Miwok de l'Amérique du nord.

Un Indien rentrant de la chasse remarqua que des loups le suivaient. Il se délesta de son gibier et le lança aux loups. Ceux-ci se ruèrent dessus et n’en firent qu’une bouchée, sans pour autant abandonner leur poursuite. L’Indien leur donna alors sa gibecière faite de cuir, mais cela ne contenta pas les loups et il n’eut plus rien à leur offrir excepté sa vie. Il tomba à genoux et se mit à prier Dieu. Les loups disparurent. (résumé d’un texte d’Emile Petitot, Le Journal des Voyages, 1887, La peur du loup de G. Carbone) Réf: Le texte des légendes indiennes.

Croyance aux rêves
Selon les Autochtones, le rêve est le langage de l'âme. Durant le sommeil, tandis que le corps est au repos, l'âme accomplit de multiples actions, aussi réelles que le réel extérieur lui-même. Elle voyage, combat, aime, se réjouit, s'attriste, et surtout manifeste ses désirs, ses volontés. L'Amérindien restait à l'écoute de ses rêves et les analysait selon ses propres conceptions. Le rêve était interprété comme une visite des esprits. Il pouvait être un présage pour la chasse, une ligne de conduite à adopter ou un conseil pour la vie quotidienne. Le rêve exprimait des désirs secrets ou refoulés et soulageait les tensions psychiques et psychosomatiques. Selon les Iroquoiens, plusieurs maladies provenaient d'un désir de l'âme resté inassouvi. Quand le rêve devenait plus difficile à comprendre, on avait recours au chaman pour en saisir le sens. Les Iroquoiens poussaient très loin l’interprétation des rêves.
Réf: Sociétés et territoires autochtones de ÉduTIC Mauricie

Animaux protecteurs
Les animaux sont très présents dans l’imaginaire autochtone. Des noms d’animaux étaient donnés aux clans qui formaient la structure sociale de plusieurs nations. L’emblème du clan était l’ancêtre mythique du groupe ou l’animal protecteur du clan avec lequel une relation privilégiée était établie. Des animaux protecteurs guidaient et protégeaient les nations et les individus. Les animaux représentaient aussi des sources d’enseignement. Leur comportement et leur attitude, leur courage, leur vaillance ou leur détermination étaient donnés en modèle aux jeunes. Par exemple, les Autochtones accordaient une grande importance à l’ours qu’ils respectaient énormément. Avant de tuer un ours, le chasseur lui chantait une chanson ou lui parlait pour lui dire que sa mort assurerait la survie de sa famille. Souvent appelé grand-père par eux, il symbolisait la force et la vie. Selon les Iroquoiens, le savoir concernant les remèdes leur aurait été transmis par un ours mythique qui l’aurait révélé au clan de l’ours.
Réf: Sociétés et territoires autochtones de ÉduTIC Mauricie

La justice et la spiritualité autochtone
Réf: Service correctionnel du Gouvernement du Canada


Cercle de vie. Le concept de cercle de vie fait référence à des dimensions spatiales et temporelles, au modèle chamanique, aux rapports sociaux, aux rapports avec l'Univers. Il s’étend de la naissance à la vieillesse, en passant par les étapes de l’enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte. Voir l'excellent site http://www.fourdirectionsteachings.com Chaque quadrant du cercle représente un des quatre points cardinaux. Selon les Ojibwés, l’est représente le printemps et l’origine de toute vie, le passage de l’esprit à l’humain; ici commence le cheminement d’une vie. Il se poursuit au sud, l’étape de l’été, puis à l’ouest, l’étape de la mort, et enfin au nord, l’étape de la renaissance. Le cycle suit son cours dans le sens des aiguilles d’une montre tout autour du cercle, suivant le lever et le coucher du soleil, les quatre points cardinaux servant principalement de forces directrices.

Le centre du cercle symbolise l’être en équilibre dans son cheminement de vie, selon la philosophie autochtone traditionnelle. C’est là où l’on cherche à développer une vision et une compréhension holistiques (globales) de la création et des liens entre toutes choses. Pour les Ojibwés, le centre du cercle est représenté par une flamme qu’il incombe à chacun d’alimenter en cherchant à résoudre ses conflits avec les autres et en faisant la paix avec soi-même. La réflexion, la méditation, la prise de conscience, l’acceptation et l’abandon nous permettent de vivre une vie pleine et équilibrée.

Le concept du cercle est basé sur la circularité plutôt que sur la linéarité, sur l'inclusion plutôt que sur l'exclusion des contraires, sur l'harmonie des différences plutôt que sur leur opposition.

Les Iroquois comme les nomment les français, forment le peuple de la Maison Longue qui habite l'Île de la Tortue ou ce que nous appelons le Canada. Elle regroupe toutes les communautés qui font partie de la Confédération des Six Nations et qui se réclament d'une façon ou d'une autre de la Grande Loi de la Paix (Kayanerekowa : la Grande Beauté) qui "consiste en ce que tous les êtres soient d'un même esprit ou sentiment, c'est-à-dire bras liés dans l'équilibre et l'harmonie du cercle de la vie". (Vachon 1991 : 13). La Grande Paix est transmise de manière orale et est récitée. Écoutons Kai-en-ta-ron-kwen

Les quatre points cardinaux font référence à l'interconnexion de l'univers et de tous ses éléments, soit les plantes, les animaux, les êtres humains et l'environnement dans lequel ils évoluent. Selon la perspective autochtone, le monde est une force vitale en constante évolution qui compte la vie et la mort parmi ses processus naturels et essentiels. L’interdépendance des forces vitales assure l’équilibre. Cette perspective tient sa validité de la connaissance des rapports et des phénomènes en interaction dans monde. Aux yeux des nations traditionnelles autochtones, le monde est sacré. Le grand voyage de neuf mois qui débute par l’apparition de l’esprit au moment de la conception et mène à la naissance du bébé marque l’accession à l’unité familiale. Les étapes de la vie se succèdent; le bébé devient nourrisson puis enfant, adolescent, adulte et aîné. Son développement, qui revêt une dimension spirituelle, mentale, physique et émotive, se poursuit la vie durant. Lorsque la personne devient parent, cependant, elle le demeure toute sa vie. Tout comme les enfants dépendent entièrement d’adultes pour leur survie, les adultes dépendent de leurs enfants pour assurer la régénération, voire la continuation, de la chaîne de vie. Par le passé, l’éducation de l’enfant était la responsabilité d’un cercle élargi de personnes composé de tous les adultes de la collectivité. Encore aujourd’hui, la garde des adolescents cris est souvent confiée aux grands-parents qui se chargent de la transmission des connaissances et valeurs principales. Pour les enfants, l’entourage constitue par conséquent la famille élargie, ce qui créé un puissant sentiment d’appartenance et lien de parenté. Les chaînes de vie des plantes et des animaux ont une interconnexion similaire dans les quatre points cardinaux. Jumelées aux éléments, aux planètes, aux saisons et aux quatre plantes médicinales sacrées, elles procurent les aliments et conditions essentielles à la vie. L’harmonie est atteinte lorsqu’on comprend et respecte la toile complexe ainsi tissée. La vie débute dans l’esprit et rejoint le monde spirituel au moment de la mort.

Les quatre dimensions du soi font référence aux aspects émotif, mental, spirituel et physique de la personne. Ensemble, ces dimensions représentent les quatre parties de l’être. Chacune constitue un don du Créateur, mais appelle à la responsabilité afin de maintenir un équilibre sain du soi, à tous les égards. Selon la perspective autochtone traditionnelle, le manque d’entretien de quelconque des dimensions du soi entraîne un déséquilibre de son tout.

Le cercle d’influences établit un lien entre les quatre dimensions du soi et les quatre points cardinaux. Le quadrant est représente le début d’un jour nouveau, ou d’une vie nouvelle, et le mouvement du cercle d’influences suit celui du soleil, qui gravite dans le sens des aiguilles d’une montre vers le sud, l’ouest et le nord. L’est représente le nouveau-né, le sud l’adolescent, l’ouest l’adulte et le nord l’aîné. D’une façon similaire, la dimension spirituelle du soi est associée à l’est. L’association du nouveau-né à la spiritualité dans le quadrant "est" du cercle tient du fait que le bébé est né de l’esprit. L’association de l’adolescent à la dimension physique s’explique par la croissance qui s’opère durant ce stade de la vie et l’activité physique naturelle des enfants et des adolescents. L’âge adulte est associé à la dimension émotive de la vie. Avec la maturité vient la conscience de ses sentiments et la confiance de les exprimer. L'expérience de vie donne aux adultes la vision d'ensemble requise pour mieux comprendre le monde et le cheminement de vie auquel personne n'échappe. L’âge adulte procure les outils nécessaires pour reconnaître ce qui est important et les capacités requises pour vivre heureux et en santé. Ce sont ces connaissances qui font des adultes de bons parents. La vieillesse constitue le quatrième et dernier stade du cycle de la vie; elle est associée à la dimension mentale du soi en raison de la sagesse que procure l’âge et le vécu. Moins occupés à prendre soin d'enfants à cette étape de la vie, les aînés ont davantage le temps de s'offrir une perspective philosophique de la vie et de développer une acuité mentale supérieure. L’énergie se transforme à toutes les étapes de la vie tout comme évoluent les connaissances et responsabilités. Le changement est un processus naturel et personne ne peut demeurer un bébé ou un enfant à vie. Les étapes de la vie suivent un cours séquentiel naturel, de générations en générations.


Traditions orales. Les traditions orales sont des informations transmises de vive voix entre au moins deux générations. Les histoires orales sont des souvenirs exprimés par des personnes qui ont personnellement observé ou vécu des événements durant leur vie et celles qui se seraient produites à une époque lointaine, selon les dires de leurs ancêtres. Elles sont donc des histoire apprises en travaillant et en étudiant de nombreuses années avec leurs aînés. En raison de la tradition orale, on n'a pas conservé par écrit les croyances essentielles; par contre, elle sont très répandues et ont conservé une forme constante. On dit, qu'il est probable que ces croyances existent sous cette forme depuis des centaines, voire des milliers d'années. Dans le système oral de conservation des pratiques et des croyances spirituelles et culturelles, on compte beaucoup sur le chaman, ou guérisseur, ou sage comme gardien de la connaissance. Ce dernier doit suivre une longue période de formation et à son tour, il doit enseigner à ses successeurs tout ce qu'il sait des traditions afin d'assurer la continuité des systèmes de croyance à travers les générations à venir. Bien d'autres termes sont employés pour désigner des communications orales : histoire de sa vie, souvenirs, commentaires, témoignage ou preuve, mythe et légende. L’aspect visuel des contes est presque aussi important que le conte lui-même. Le jeu de ficelle était utilisé pour illustrer les contes; on formait des visages familiers de personnes ou d’animaux pour mettre l’accent sur certains thèmes ou certaines images du conte. Le langage corporel du conteur, notamment sa gestuelle et son expression faciale, était également déterminant pour le conte. Les conteurs allaient même jusqu’à changer d’intonation pour représenter différents personnages. Voir ces contes et récits illustrés


Aînés Il y a au Canada un grand nombre de Premières nations dont les membres parlent quelque 55 langues et dialectes principaux, regroupés en 11 familles linguistiques. La définition du mot "aînés" varie d'une nation à l'autre. Pour les Six Nations, par exemple, le mot aîné désigne: les gardiens de la foi, les mères de clans, les chefs héréditaires et les dirigeants spirituels. La Nation Algonquine, pour sa part, définit ses aînés, dans leurs enseignements comme quelqu'un qui possède les qualités de Chef Spirituel lequel est acquis par la connaissance de la culture et des traditions. Cette connaissance est trouvé dans les enseignements et responsabilités associés avec des entités sacrés tel que la Pipe, les ceinture Wampum, le Tambour et les Guérisseurs. En plus de la reconnaissance spirituelles donné par le Créateur et le monde spirituel, la reconnaissance du titre d'aîné est donné par les autres aînés de sa communauté et Nation respective. Aussi un Sage n'est pas nécessairement une personne âgée de 60 ans et plus. L'individu doué lui est donné la position d'aîné par l'acceptation spirituelle et humaine et doit s'engager a remplir ses responsabilités et respecter les enseignement du Créateur. D'autres nations ont leur propre définition, mais les fonctions sont essentiellement les mêmes, à savoir veiller à ce que les valeurs, les principes et les enseignements traditionnels sont transmis d'une génération à l'autre et donner des enseignements pour aider les membres de la communauté à vivre selon de bons principes. Les aînés ont donc reçu la responsabilité de conserver la mémoire, l'histoire et le savoir des ancêtres du peuple autochtone. Ils détiennent la connaissance et la compréhension des enseignements autochtones. Ils partagent leur expérience de vie et leurs récits afin d'éclairer les gens dans leurs décisions. Ils jouent un rôle majeur dans la résolution des problèmes qui touchent les individus, la famille, la communauté et la nation.

Les aînés réunis
Réf: Kumik, le conseil des aînés

Une grande quantité des informations qui se trouvent sur le site Tipatshimuna provient des aînés innus (aussi appelés Montagnais ou Naskapis). Ces derniers veulent transmettre leur histoire et leur culture aux générations futures innues, tout en sensibilisant les non-innus.

On assiste à un éveil chez les Autochtones d’Amérique du Nord et l’intérêt pour la spiritualité se retrouve naturellement à la base même de cette renaissance. Les Autochtones ont traversé une période difficile de colonisation, au cours de laquelle ils ont été coupés de leurs racines. Ce n’est que récemment que les jeunes ont commencé à approcher les Aînés pour, là encore, leur demander de leur enseigner ce que cela représente d’être membre d’une Première nation, inuit ou métis. Ce réveil a donné lieu à une autoréflexion; on a alors compris que les Autochtones avaient besoin de commencer à se guérir des plaies qu’ils avaient subies. C’est là que les principes de la spiritualité et de la guérison, comme les cercles sacrés, sont devenus importants, car, pour redevenir autosuffisant, fort, vivant et entier, il faut santé, guérison et équilibre.

Biographies d'aînés


Environnement
Réf : Savoir traditionnel autochtone et gestion de l'environnement

Après avoir vécu pendant des siècles en harmonie avec le monde qui les entoure, les peuples autochtones du Canada ont acquis une compréhension profonde des interrelations complexes des éléments de notre environnement. Depuis quelques années, la prise de conscience de plus en plus grande par les non autochtones de la valeur de ce savoir traditionnel a favorisé l'intensification des efforts visant à l'amalgamer à la science, particulièrement dans le domaine de la gestion de l'environnement. Le savoir traditionnel autochtone a été acquis, et continue de l'être, au fil du temps passé à vivre sur le territoire. Il englobe tous les aspects de l'environnement – biophysiques, économiques, sociaux, culturels et spirituels – et il considère les humains comme une partie intime du tout, plutôt que comme des observateurs ou des régisseurs extérieurs. Le savoir traditionnel fait partie de la mémoire collective et est transmis oralement au moyen de chansons et de contes, ainsi que par des actions et des observations.

Non seulement le savoir traditionnel contribue-t-il à la compréhension des systèmes environnementaux dans leur ensemble et à la connaissance des techniques appropriées de capture, mais il comprend aussi de l'information qualitative sur les animaux, les plantes et d'autres phénomènes naturels. Bien qu'il faille beaucoup plus de connaissances sur les espèces qui sont capturées (comme le caribou, les phoques, les baleines et le poisson), les chasseurs, les trappeurs, les pêcheurs et les cueilleurs autochtones sont aussi conscients de la présence et des aspects biologiques des autres espèces de leur environnement. Les Ainés, qui sont les principaux détenteurs du savoir, ont un sens aigu de l'observation des tendances et des changements subtils de l'écosystème.

Dans le Nord, les peuples autochtones jouent un rôle actif au sein de comités directeurs de grands projets comme l'Initiative des écosystèmes du Nord. Divers efforts entrepris dans le cadre de cette initiative permettent d'établir des liens entre le savoir traditionnel et les sciences. Parmi eux, mentionnons l'Arctic Borderlands Ecological Knowledge Cooperative, un programme de surveillance communautaire qui est axé sur les tendances à grande échelle du changement climatique, des contaminants et du développement régional sur le territoire du caribou de la Porcupine. La Première nation des Vuntut Gwich'in , qui a toujours chassé et piégé dans la plaine Old Crow, dans le nord du Yukon, a indiqué aux biologistes que les niveaux d'eau de plus de 2 000 lacs et étangs peu profonds des plaines avaient baissé au cours de la dernière décennie. Dans le Sud, le savoir traditionnel des peuples autochtones fait depuis longtemps partie des consultations d'Environnement Canada.