Le changement d'empire
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Objet d'interrogation

Concepts

Prodécure

Voici un exemple de la procédure d'analyse proposée

Document et marquage et de lien avec un concept
Idée ou réflexion préliminaire basée sur un document
Question du passé ou du présent mettant en lien les concepts liés à la Conquête

S'il est vrai qu'aujourd'hui Québec se vit et se lit en français, il n'en a pas toujours été ainsi.

Concepts associés : langue, territoire

Le français n'a pas toujours été la langue utilisée dans les institutions publiques au Québec.

La langue française : disparition des institutions publiques au Québec ?

  • Une question dont le but est d'aider à comprendre le document présenté : Qu'entend-on par "aujourd'hui Québec se vit et se lit en français, il n'en a pas toujours été ainsi" ? Puis-je trouver un exemple du français absent dans les institutions publiques au Québec ?
  • Une question qui vise à comprendre le passé de l'événement passé ou présent : Comment est-ce que j'explique que la langue française n'a pas toujours été la langue utilisée prioritairement au Québec ? Quelles sont les causes ? Les événements clés ? Les lois que l'état a adoptées pour qu'il en soit ainsi ? Quels sont les principaux personnages (société) impliqués ou qui ont adopté l'idée qu'il en soit ainsi ? Quels ont été les droits des Québécois ? Quel pouvoir était en place ? Comment cela a--t-il fonctionné ? Qui sont ceux qui ont travaillé à éliminer ou à conserver le français ? À quoi répond cette élimination ou cette conservation aux yeux de l'État ? À quoi À quoi devait répondre cetta affaire ambivalente, qui s'est déroulée depuis le changement d'empire ? Quels furents les droits accordés "au français" ? Quels furents les pouvoirs accordés "au français" ? Quelles furent les lois créées pour "le français" ? Les applications ont-elles répondu aux attentes de l'État, et qu'ont-elles signifier pour l'État ?
  • Une question pour amener d'autres informations sur ce qui a été dit : Y a-t-il des preuves [documents historiques ou des acteurs] que cela n'a pas toujours été ainsi ? Quel lien a-t-il existé entre la langue française et l'économie (commerce, impôts et taxes) au Québec ? la langue et la religion ? la langue et le droit ? la langue et le pouvoir ? la langue et les Loyalistes ? Pour chaque catégorie de personnes qui ont été impliqués dans cet événement, on analyse leurs responsabilités, leurs conditions de travail, leurs gains. Que signifient ces modalités pour la population au chapitre du français ? Comment expliquer un tel comportement de l'État avec la population ? Comment s'effectuèrent les interventions de l'État ? Que représente le cas "français" pour les Anglais ?
  • Une question qui attire l'attention sur les implications et les conséquences : Et si quelqu'un disait que ce n'est pas vrai ? Que dirait quelqu'un en désaccord avec cette affirmation ? Quelles ont été les conséquences ? Quel fut l'impact de la conjoncture économique, politique, juridique et religieuse sur le français ?

Documents sur lesquels s'appuyer pour formuler un questionnement

Les institutions publiques

  1. Le Québec est une société de droit fondée sur le principe de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Pour sa part, comme son nom l’indique, le rôle du ministère du Conseil exécutif relève de la fonction exécutive du gouvernement. Cette fonction comprend la définition des orientations de l’activité gouvernementale et l’administration de l’État.http://www.bibliotheques.uqam.ca/bibliotheques/Pub_gouv/ministeres.html
  2. Pouvoirs juridiques. La Charte des droits et libertés. La Charte des droits et libertés de la personne est une loi dite "quasi constitutionnelle" adoptée le 27 juin 1975 par l'Assemblée nationale du Québec. Elle est entrée en vigueur le 28 juin 1976. La Charte québécoise a été décrite comme "un document unique dans l'histoire législative canadienne" (A. Morel). Elle a été rédigée sur la base des principes d'indivisibilité, d'interdépendance et d'indissociabilité des droits de la personne. La Charte s'inspire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Elle se distingue de la Charte canadienne des droits et libertés par un certain nombre d'éléments, dont :
    • l'inclusion de certains droits économiques et sociaux;
    • l'application de la Charte non seulement aux rapports entre les citoyens et l'État, mais aussi dans les rapports privés;
    • enfin, l'existence d'un mécanisme de recours particulier en cas de discrimination fondée sur un motif interdit, mécanisme consistant en une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, suivie d'un recours éventuel devant le Tribunal des droits de la personne http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_des_droits_et_libert%C3%A9s_de_la_personne_%28Qu%C3%A9bec%29
  3. Le Bloc québécois est un parti politique souverainiste social-démocrate, implanté exclusivement au Québec, bien qu'il soit un parti fédéral du Canada. La mission première du Bloc québécois est de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de la souveraineté du Québec, tout en défendant les intérêts des Québécois et des Québécoises au parlement canadien.
    Le Bloc québécois est appuyé par plusieurs mouvements ouvriers du Québec et travaille en étroite collaboration avec le Parti québécois. Les membres et sympathisants du Bloc québécois sont habituellement appelés des « bloquistes », un mot formé par analogie avec « péquiste » (sympathisant du Parti québécois). En raison de la nature du parti politique, les candidats du Bloc québécois se présentent uniquement dans les circonscriptions fédérales québécoises car l'objectif du Bloc est de défendre les intérêts québécois. Le Bloc est aussi le seul parti politique fédéral représenté à la Chambre des communes du Canada à être actif dans une seule province. Il est aussi le seul des quatre partis politiques qui ne peut mathématiquement former un gouvernement parce que le Québec n'a que 75 des 308 sièges aux commune
    . http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc_qu%C3%A9b%C3%A9cois
  4. Drapeau et armoirie du Québec
    drapeau du Québec armoirie du Québec drapeau du Canada
  5. «Nous sommes des Québécois. Ce que cela veut dire d'abord et avant tout, et au besoin exclusivement, c'est que nous sommes attachés à ce seul coin du monde où nous puissions être pleinement nous-mêmes, ce Québec qui, nous le sentons bien, est le seul endroit où il nous soit possible d'être vraiment chez nous. Être nous-mêmes, c'est essentiellement de maintenir et de développer une personnalité qui dure depuis trois siècles et demi. Au coeur de cette personnalité se trouve le fait que nous parlons français. Tout le reste est accroché à cet élément essentiel, en découle ou nous y ramène infailliblement. Jusqu'à récemment, nous avons pu assurer cette survivance laborieuse grâce à un certain isolement. Nous étions passablement à l'abri dans une société rurale où régnait une grande mesure d'unanimité et dont la pauvreté limitait aussi bien les changements que les aspirations. Nous sommes fils de cette société dont le cultivateur, notre père ou notre grand-père, était encore le citoyen central. Nous sommes aussi les héritiers de cette fantastique aventure que fut une Amérique presque entièrement française et, plus encore, de l'obstination collective qui a permis d'en conserver vivante cette partie qu'on appelle le Québec http://www.republiquelibre.org/cousture/UNPAYS.HTM Un pays qu'il faut faire extrait du Manifeste par R. Lévesque
  6. Au cœur de ces défis est l’articulation d’une vision bi-nationale ou bi-communautaire du Canada qui fait du Québec, en tant que centre de la culture française au pays, un partenaire égal "au reste du Canada" et non pas une province parmi d’autres. (...) Ces revendications autonomistes s’inscrivaient dans une perspective de reconstruction du fédéralisme canadien sur les bases de la dualité des peuples fondateurs. http://popups.ulg.ac.be/revue6/document.php?id=281
  7. L’examen des lois qui se sont succédé depuis la fin du XIXe siècle montre que l’intervention gouvernementale en matière de relations individuelles de travail a toujours été influencée par les grands événements qui ont marqué l’histoire du Québec, par exemple l’industrialisation, les conflits Canada-Québec, l’intégration des femmes dans le milieu du travail, la Crise, les deux guerres mondiales, la Révolution tranquille ou la mondialisation. Les normes du travail imposées par l’État ont constitué et constituent encore souvent les seules règles écrites et formelles de gestion des ressources humaines en vigueur dans l’entreprise et uniformes d’une entreprise à l’autre. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/home.php
  8. L'évolution de la situation économique et financière (en) amène certains à réclamer une révision des rôles économiques des deux paliers de gouvernement [provincial et fédéral]. Les décisions que ceux-ci ont prises — et qu'ils prennent actuellement — dans le domaine fiscal ont créé des difficultés qui nécessitent un nouveau partage des pouvoirs d'imposition et de taxation. http://dsp-psd.pwgsc.gc.ca/Collection-R/LoPBdP/BP/bp382-f.htm
  9. Contentieux Québec/Ottawa sur la vie privée. La Chambre des communes canadienne adoptait en 1999 en première lecture le projet de loi C-6 sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques. Entre autres, le projet de loi établit le droit à la protection des renseignements personnels recueillis, utilisés ou communiqués dans le cadre d'activités commerciales, dans le cadre d'une entreprise fédérale ou d'une province à l'autre ou d'un pays à l'autre.(...) Mais voilà que le gouvernement québécois dénonce le projet de loi comme une intrusion inacceptable dans un champ de compétence qui relève des provinces, soit le droit civil. Les ministres ont déploré que la loi projetée établisse un double système juridique, s'appliquant concurremment, et qui compliquera inutilement la vie des consommateurs et des entreprises en plus de créer un fouillis indescriptible.http://www.media-awareness.ca/francais/ressources/croniques/vie_privee/contentieux_que_ottawa_19991102.cfm
  10. L'économie, c'est aussi l'incontournable mondialisation. Et la mondialisation, c'est l'accroissement des centres urbains se nourrissant grassement de l'exode rural. Ce phénomène a de graves conséquences linguistiques : une communauté rurale, de par son éloignement, favorise l'homogénéité culturelle et renforce ainsi la continuité linguistique. Or, un départ vers la ville - le plus souvent des jeunes, ce qui accroît la tragédie - peut provoquer le risque de dissolution de la langue dans un environnement urbain beaucoup plus diversifié linguistiquement. http://www.immigrer.com/chroniques/Question_de_langues_Encore_si.html
  11. À tous les bureaux du gouvernement du Québec et autres établissements publics du Québec qui banalisent et infériorisent la langue française, colonisent les Québécois et refusent de faire du français la langue d’usage public commune en offrant sur leur boîte vocale l’accès au message en anglais avant que le message en français ait été entièrement entendu! Rien de tel n’existe ailleurs dans le monde! http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=4123
  12. Hydro-Québec qui, par ses pratiques de discrimination et d’exclusion linguistique, impose l’anglais comme langue de travail, privant ainsi des Québécois de leur droit de travailler et d’exercer ce droit en français. http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=4123
  13. Pour une deuxième fois, à Bell Express Vu, pour ses pratiques de discrimination à l’endroit des francophones. Bell Express Vu refuse toujours de diffuser la station de langue française de Radio-Canada CBOFT bien qu’elle diffuse la station de langue anglaise CBOT! http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=4123
  14. Au premier ministre du Québec, Jean Charest, pour le publipostage à des milliers de résidants du Québec du dépliant uniquement en anglais intitulé « Building the Québec of tomorrow ». http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=4123
  15. La CSN considère prématuré la mise sur pied d'un réseau national ethnique au pays. Dans les conditions actuelles de précarité caractérisant la station de télévision ethnique de Montréal, l'intégration de celle-ci dans un réseau national ferait d'elle une simple succursale de la station de Toronto. Ceci conduirait à une offre d'émissions conçues essentiellement en fonction d'un environnement culturel anglo-américain. Cette situation deviendrait socialement inacceptable en regard de la problématique de l'intégration des personnes immigrantes à la société québécoise et aussi incompatible avec la Loi de la radiodiffusion qui reconnaît la dualité linguistique au pays. (...) Comme nous l'avons mentionné précédemment, le CRTC se doit d'adapter son cadre d'attribution de licences à l'environnement particulier dans lequel évolue la télévision ethnique au Québec, en regard notamment du milieu majoritairement francophone ; des caractéristiques différentes de la composition ethnique ; au fait que le Québec est désormais maître-d'oeuvre de l'accueil et de l'intégration des personnes immigrantes ; à l'évolution spécifique du canal ethnique du Québec.http://www.csn.qc.ca/Memoires/MemRadioEthn.html
  16. Dans les milieux indépendantistes, plusieurs réactions à la fois de lassitude et d'admiration se sont manifestées à la suite du « bon coup » de Paul Martin qui a sollicité Michaëlle Jean pour le poste de Gouverneur Général. Paul Martin ne cache pas qu'il veut ainsi faire progresser le camp fédéraliste au Québec prenant le risque de s'aliéner une partie de l'électorat anglophone. http://www.vigile.net/05-8/09.html#2a
  17. Le Québec élabore deux systèmes scolaires confessionnels (un catholique et un protestant). http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1SEC864977
  18. La common law est aujourd'hui appliquée dans la plupart des pays colonisés ou régis par les Britanniques. Au Canada, le droit de toutes les provinces, sauf le Québec, est basé sur la common law. http://www.canadiana.org/citm/specifique/lois_f.html
  19. Dans toute son histoire, le Québec a toujours été une partie d'un empire ou d'un pays plus grand que lui, et n'a jamais été considéré ou traité comme une société égale à ses voisines. Aujourd'hui encore, le Canada anglais le considère comme une partie de son corps politique, qui doit bien sûr obéir au pouvoir situé à Ottawa. Pourtant, une majorité de Québécois et Québécoises considère que le Québec est lui-même un corps entier, une société distincte, qui existait bien avant que la Conquête de 1760 eût mis fin au Régime français. Deux cent trente-cinq ans plus tard, le statut politique du Québec ne correspond toujours pas aux aspirations de sa population. Qui plus est, les Québécois et Québécoises n'ont jamais donné leur consentement au régime politique qui les a encadrés. Et pour cause : durant toute leur histoire, ils se sont battus pour une égalité politique qui leur a échappé. http://www.cam.org/~ipso/ancien%20site/doc/souv5.htm
  20. Le Canada s'inscrit dans ce courant de décentralisation et de partenariat. Il a dû ajuster ses politiques intérieures et se concerter avec ses provinces et ses territoires sur la réalité éducative nationale. Il reconnaît l'incidence du partage des pouvoirs et des responsabilités sur la résolution de certains problèmes de gestion et de formation que rencontre le système éducatif canadien. (...)Le partenariat décisionnel en éducation constitue une forme de gestion en émergence au Québec. Inscrite dans le sillage de la mondialisation éducative, la décentralisation fournit un modèle de conciliation entre les préoccupations éducatives à l'échelle planétaire et les besoins divers tant au niveau local que national.http://www.acelf.ca/c/revue/revuehtml/29-2/14-StPierre.html#h-3
  21. Une bonne partie de l'élite anglophone du Canada, tant celle du Québec que des autres provinces, se dit déjà convaincue de l'opportunité d'exploiter cette dualité linguistique et culturelle, seul atout qui distingue ce pays de son voisin du sud. Malheureusement, cette élite, pourtant puissante, laisse l'avant-scène à un groupe restreint d'anglo-québécois militants qui consacrent des sommes énormes, auxquelles souscrivent, organismes et individus, du Québec aussi bien que d'autres provinces, pour rétablir l'hégémonie anglophone dans le commerce, les communications et l'éducation au Québec, comme il en est à peu près partout ailleurs au Canada. http://www.mef.qc.ca/deux-peuples-fondateurs.htm
  22. La plupart des poursuites découlant d’infractions au Code criminel sont engagées par les provinces, mais le ministère de la Justice, agissant au nom du procureur général du Canada, s’occupe des poursuites relatives à toutes les autres lois fédérales, y compris celles qui ont trait aux affaires de drogue. Le Canada possède un système fédéral de gouvernement. Cela signifie que le pouvoir de faire les lois est réparti entre le gouvernement du Canada et ceux des provinces. Le gouvernement fédéral s’occupe des questions qui intéressent tout le Canada, comme le droit pénal, le commerce entre les provinces, les télécommunications, l’immigration et l’extradition, et les pêches. Les provinces et les territoires élaborent des lois dans les domaines de l'éducation, des biens et des services de santé.http://www.justice.gc.ca/fr/jl/index.html
  23. Chaque ordre professionnel de juristes est établi par une loi adoptée par l'assemblée législative de sa province ou de son territoire. Il y a dans chaque province et territoire un ordre professionnel qui régit la profession juridique; cet ordre professionnel s'appelle «law society»iv dans toutes les provinces et territoires, sauf en Nouvelle-Écosse, où il s'appelle «Barrister's Society», et au Québec, où il y a deux ordres professionnels de juristes, conformément à la tradition civiliste française qui caractérise cette province. La Chambre des notaires du Québec régit la profession notariale au Québec, tandis que le Barreau du Québec régit les avocats. Les autres provinces canadiennes et les deux territoires sont traditionnellement régis par la common law d'Angleterre.http://www.flsc.ca/fr/lawSocieties/lawSocieties.asp
  24. Par l'Acte de Québec, le parlement britannique restaurait le droit civil français, tout en maintenant le droit criminel britannique, créant ainsi au Québec le double système juridique qui existe encore aujourd'hui. http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_civil_du_Qu%C3%A9bec

Le régime militaire entre 1760 et 1763

  1. Le Régime militaire, qui couvre la période de 1760 à 1764, est en quelque sorte le prolongement du Régime français. La coutume de Paris et la plupart des ordonnances et règlements de police en vigueur sous le Régime français sont maintenus. Les trois grandes divisions de la colonie (Québec, Montréal et Trois-Rivières) sont aussi respectées. Le 22 septembre 1760, le général Amherst nomme un gouverneur à la tête de chaque division avec le mandat d'y organiser l'administration de la justice. C'est ainsi que le général James Murray est choisi pour diriger le gouvernement de Québec. Dès le 31 octobre 1760, Murray émet une ordonnance créant un Conseil militaire ou Conseil supérieur, composé de son secrétaire, de six officiers de la garnison, de deux procureurs généraux, l'un pour la rive nord et l'autre pour la rive sud, et d'un greffier. Ce conseil rend la justice de façon sommaire dans les affaires les plus importantes qui lui sont déférées par le gouverneur, que ce soit dans le domaine civil ou criminel. Enfin, un droit d'appel existe de ce conseil au gouverneur qui se réserve les autres causes pour les juger lui-même sans appel. http://www.barreau.qc.ca/quebec/1/6/1_6_2.asp
  2. Le 5 septembre 1755, 418 Acadiens furent réunis dans l'église de Grand Pré sous la surveillance de soldats en armes. Le colonel Winslow prit la parole et leur fit connaître la décision du gouverneur Lawrence:
    «Je vous communique donc, sans hésitation, les ordres et instructions de Sa Majesté, à savoir que toutes vos terres et habitations, bétail et cheptel de toute nature sont confisqués par la couronne, et tous vos autres biens, sauf votre argent et vos meubles, et vous devez vous-mêmes être enlevés de cette province qui leur appartient.» http://fis.ucalgary.ca/francophonie/3Intro.htm
  3. La conquête fit du Canada une colonie britannique, régie par des institutions britanniques, y compris un gouvernement formé d'un parlement et d'une monarchie, et une population à dominance anglophone. http://www.civilization.ca/cwm/gallery1/clash4_f.html
  4. Après la CONQUÊTEde 1759-1760, l'Église catholique du Québec, déjà affaiblie par la guerre, doit aussi composer avec les nouveaux maîtres britanniques - et protestants (voir PROTESTANTISME). On s'attend à ce que les nouveaux pouvoirs favorisent l'Église anglicane (voir ANGLICANISME) et tentent de convertir leurs nouveaux sujets catholiques. http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1SEC864976
  5. Les marchands veulent une assemblée élue Un autre sujet de désaccord entre Carleton et les marchands était la demande d'une assemblée élue. Tandis que le débat sur ces questions se poursuit, des rapports et des opinions sont commandés. Les habitants canadiens-français et les commerçants britanniques ont également exercé des pressions de couloir pour revendiquer leurs propres positions. Finalement, des efforts ont été faits pour ébaucher une constitution pour la province.
  6. La littérature canadienne-française fut lente à se constituer après 1760. Il fallut, après le traité qui livrait le Canada français à l'Angleterre, réparer les désastres de la guerre, et refaire la vie économique. (...) Il fallut lutter pour obtenir des autorités britanniques la reconnaissance de tous les droits civils et religieux que conféraient aux Canadiens français, non seulement les traités, mais aussi la loi naturelle et leur histoire. La vie publique de notre premier siècle de régime anglais fut presque tout entière absorbée par des luttes politiques, parlementaires, administratives, où trop souvent la bureaucratie anglaise s'appliqua à contrarier nos légitimes aspirations nationale. http://www2.marianopolis.edu/quebechistory/encyclopedia/roylitchap2.htm
  7. Le prélude du régime militaire de 1760 Les Britanniques installèrent rapidement leurs généraux Murray, Burton et Gage, respectivement dans les gouvernements de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal. Pendant que se poursuivait l'occupation militaire du Canada, le général anglais Jeffrey Amherst, successeur de Wolfe, procéda à l'organisation d'un régime administratif provisoire, car, tant que la guerre (guerre de Sept Ans) continuait en Europe, le sort du pays en Amérique demeurait incertain. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/regime_milit&language=fr&updatemenu=true
  8. Situation démolinguistique. En 1761, la situation démographique se présentait ainsi: la population blanche du Canada était de 70 000 habitants (et plus de 200 000 autochtones), contre 1,6 million en Nouvelle-Angleterre. À l'île de Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse, on dénombrait 20 000 Britanniques, partagés en nombre à peu près égal entre les deux colonies. Les francophones du Canada de la vallée du Saint-Laurent formaient 99,7 % de la population. Forcément, le poids du nombre interdisait aux Britanniques de pratiquer une politique colonisatrice trop radicale. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/regime_milit&language=fr&updatemenu=true
  9. L'emploi des langues Le Canada était devenu un pays anglais et c'est en anglais que les Britanniques entendaient gouverner. Toutefois, pragmatiques, ils adoptèrent avec la population la politique du statu quo d'avant la guerre. Étant donné que le peuple ne pouvait obéir aux ordres que s'il les comprenait, les autorités anglaises publièrent leurs ordonnances en français et permirent aux Canadiens d'occuper de nombreux postes dans l'administration et la justice. Par ailleurs, les gouverneurs, les officiers supérieurs et les hauts fonctionnaires étaient généralement bilingues et pouvaient communiquer directement en français avec les Canadiens. Les actes notariés continuèrent d'être rédigés en français, de même que les registres de l'état civil tenus par les curés. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/regime_milit&language=fr&updatemenu=true
  10. Le gouvernement militaire décida d'appliquer les lois criminelles anglaises tout en conservant les lois civiles françaises (ce qu'on appelait la Coutume de Paris, à laquelle s'ajoutaient le droit français de la Métropole- — comme les ordonnances royales, le droit canon pour le mariage, le droit romain pour les obligations — ainsi que les ordonnances des intendants et les arrêts de règlement du Conseil souverain). Dorénavant, les lois de la Coutume de Paris, qui continuaient de s'appliquer, portèrent le nom moins gênant de «lois du Canada».(...) Le droit britannique s'est également appliqué dans les procès, car contrairement au droit français la Couronne doit prouver la culpabilité de l'accusé. Une nouvelle carrière s'ouvrit aux Canadiens instruits: celle d'avocat. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/regime_milit&language=fr&updatemenu=true
  11. Quant aux commerces de détail, il resta entre les mains des commerçants canadiens qui devaient toutefois obtenir un permis du gouverneur et utiliser dorénavant les unités de mesure anglaises. Par contre, le commerce d'importation fut aussitôt contrôlé par des marchands anglais, surtout protestants et juifs, déjà nombreux à Montréal, d'où leur surnom de Montrealers. Cette pratique mercantiliste découlait des lois britanniques adoptées un siècle plus tôt, dont la Loi sur la navigation. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/regime_milit&language=fr&updatemenu=true
  12. Le Canada porta aussitôt le nom de Province of Quebec («province de Québec»). Rappelons qu'à l'époque le mot «province», tant en Grande-Bretagne qu'en France, désignait une «colonie» (colony) ou même une «plantation» (en Nouvelle-Angleterre). L'Administration de la nouvelle colonie s'organisa donc en français. Cependant, la connaissance de la langue anglaise apparut dorénavant comme très utile pour assurer la promotion sociale et économique; l'élite canadienne de Québec et de Montréal se mit lentement à l'apprentissage de la nouvelle langue. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/regime_milit&language=fr&updatemenu=true

Le Traité de Paris 1763

  1. Le traité de Paris (1763) sonne le glas de l'Amérique du Nord française. C'est la conséquence de la défaite militaire de la France face à la Grande-Bretagne, mais c'est aussi l'illustration du peu d'intérêt manifesté par les autorités métropolitaines françaises pour le Canada. http://gallica.bnf.fr/FranceAmerique/fr/D2/T2-4-3-b.htm Dans le Traité de Paris de 1763, la France abandonne toutes les revendications concernant la Nouvelle-France. Le Québec était alors gouverné quasiment comme une colonie de la Couronne - il n'y avait pas d'assemblée représentative et le gouverneur était la principale autorité. Le Général Murray, gouverneur militaire en titre, est devenu le premier gouverneur de la province of Quebec.
  2. Sa Majesté Britanique convient d'accorder aux habitans du Canada la liberté de la religion Catholique; en conséquence Elle donnera les ordres les plus précis & les plus effectifs, pour que ses nouveaux sujets Catholiques Romains puissent professer le Culte de leur Religion, selon le rite de L'Eglise Romaine, en tant que le permettent les loix de la Grande Bretagne. Sa Majesté Britanique convient en outre, que les habitans françois ou autres, qui auroient été Sujets du Roi Très Chrétien en Canada, pourront se retirer, en toute sûreté & liberté, où bon leur semblera, & pourront vendre leurs Biens, pourvû que ce soit à des Sujets de Sa Majesté Britanique, & transporter leurs effets, ainsi que leurs personnes, sans être gênés dans leur émigration, sous quelque prétexte que ce puisse être, hors celui de dettes ou de procès criminels: le terme limité pour cette émigration sera fixé à l'espace de dix huit mois, à compter du jour de l'échange des ratifications du présent Traité. http://www.rond-point.qc.ca/histoire/seguin/colonisation-03.html
  3. Les Sujets de la France auront la liberté de la pêche, et de la sécherie, sur une Partie des côtes de l'isle de Terre-neuve, telle qu'elle est spécifiée par l'Article XIII du Traité d'Utrecht, lequel Article est renouvelé & confirmé par le présent Traité, ( à l'exception de ce qui regarde l'isle du Cap-Breton, ainsi que les autres isles & côtes dans l'emboûchure & dans le Golfe Saint-Laurent): Et Sa Majesté Britanique consent de laisser aux Sujets du Roi Très Chrétien la liberté de pêcher dans le Golfe Saint-Laurent, à condition que les Sujets de la France n'exercent la dite pêche qu'à la distance de trois lieues de toutes les côtes appartenantes à la Grande Bretagne, soit celles du continent, soit celles des isles situées dans le dit golfe Saint-Laurent: Et pour ce qui concerne la pêche sur les côtes de l'isle du Cap-Breton, hors du dit golfe, il ne sera permis aux Sujets du Roi Très-Chrétien d'exercer la lite pêche qu'à la distance de quinze lieues des côtes de l'isle du Cap-Breton, & la pêche sur les côtes de la Nouvelle-Écosse ou Acadie, & par tout ailleurs hors du dit golfe, restera sur le pied des Traités antérieurs. http://www.rond-point.qc.ca/histoire/seguin/colonisation-03.html
  4. Par le traité de Paris de 1763, la France concéda à la Grande-Bretagne ses droits sur toute la partie de l'Amérique du Nord située à l'est du Mississipi, y compris la Nouvelle-Écosse. http://museum.gov.ns.ca/loyalistesnoirs/17501775/Events1750/treaty1763.htm

La Proclamation Royale 1763

  1. En 1763, la France a abandonné la plupart de ses colonies nord-américaines. Les Canadiens français et les Britanniques devaient apprendre à vivre ensemble. Ce fut une période de friction et d'ajustement entre les Canadiens français, les autorités et les marchands britanniques nouvellement arrivés dans cette région alors devenue la province britannique de Québec.
  2. Le roi George III découpa dans l'immensité de la Nouvelle-France conquise la petite «Province of Quebec», dont la proclamation de 1763 fixait les frontières et le statut. Le terme «province» s'incrusterait dès lors dans la vallée du Saint-Laurent. http://www.vigile.net/republique/chevrier6.html
  3. Le gouverneur était régit par la Proclamation royale de 1763 et par diverses directives émanant des autorités à Londres. Ces dispositions constituaient la base de l'Administration civile dans la nouvelle province de Québec. La proclamation annulait le statut privilégié de l'Église catholique et mettait fin au droit civil. Les autorités s'attendaient à ce que les soldats britanniques s'installent au Québec en grand nombre et assimilent éventuellement la population canadienne française. http://www.canadiana.org/citm/themes/constitution/constitution6_f.html#traitedeparis
  4. Québec, qui avait été sous le régime français une capitale politique, religieuse et intellectuelle, continua, après 1760, de jouer ce premier rôle dans la vie nationale. (...) C'est à Québec aussi que fut fondé le premier journal, la Gazette de Québec, en 1764.
  5. On peut lire dans la Proclamation royale de 1763 que la Grande-Bretagne réserva le «Territoire indien» aux autochtones et interdit même aux colons de s'y installer, l'entrée du territoire étant gardée par des garnisons britanniques. Le Conseil, étant de l’avis de Sa Seigneurie, ordonne en conséquence que le Bureau des terres prenne des mesures pour la conservation d’un Registre des noms de toutes les personnes tombant sous l’appellation précitée (Loyalists), à cette fin que leurs descendants puissent être distingués des colons à venir, dans les Registres des paroisses, et sur les Rôles de la milice dans leurs districts respectifs, et de toute autre manière dans les documents publics de la Province, comme étant dignes, à cause de la persévérance, de la fidélité et de la conduite si honorable de leurs ancêtres, de bénéficier d’avantages et de privilèges distincts. Il est encore ordonné que le Bureau des terres, en ces cas, pourvoie non seulement à récompenser les fils de ces loyalistes à leur âge de majorité, mais aussi leurs filles, à cet âge ou à l’occasion de leur mariage, en leur accordant à chacune un lot de terre de 200 âcres, plus ou moins. (...) Nous défendons aussi strictement par la présente à tous Nos sujets, sous peine de s'attirer Notre déplaisir, d'acheter ou posséder aucune terre ci-dessus réservée, ou d'y former aucun établissement, sans avoir au préalable obtenu Notre permission spéciale et une licence à ce sujet. Et Nous enjoignons et ordonnons strictement à tous ceux qui en connaissance de cause ou par inadvertance, se sont établis sur des terres situées dans les limites des contrées décrites ci-dessus ou sur toute autre terre qui n'ayant pas été cédées ou achetées par Nous se trouve également réservée pour lesdits sauvages, de quitter immédiatement leurs établissements. (...)
  6. La religion représentait en quelque sorte un bastion de résistance face aux différences inhérentes aux deux mentalités en présence [anglophone et francophone]. Le sentiment d'identification des catholiques francophones principalement s'est ainsi cristallisé autour de leurs croyances religieuses. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/croix/croixf.htm
  7. Il s'agit de maintenir dans la paix et l'harmonie et de fusionner, pour ainsi dire en une seule, deux races qui pratiquent actuellement deux religions différentes, parlent des langues qui leur sont réciproquement étrangères et sont par leurs instincts portées à proférer des lois différentes. La masse des habitants est composée de Français originaires de la vieille France ou de Canadiens nés dans la colonie, parlant la langue française seulement et formant une population évaluée à quatre-vingt-dix mille âmes ou, comme les Français l'établissent par leur mémoire, à dix mille chefs de famille. Le reste des habitants se compose de natifs de la Grande-Bretagne ou d'Irlande ou des possessions britanniques de l'Amérique du Nord qui atteignent actuellement le chiffre de six cents âmes. Néanmoins, si la province est administrée de manière à donner satisfaction aux habitants, ce nombre s'accroîtra chaque jour par l'arrivée de nouveaux colons qui y viendront dans le dessein de se livrer au commerce ou à l'agriculture. en sorte qu'avec le temps il pourra devenir égal, même supérieur à celui de la population française.http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/proclam_royale&language=fr&updatemenu=true
  8. L'on assista alors à ce spectacle insolite d'une population française de 70 000 âmes gouvernée par des conseillers de langue anglaise, représentants de quelque deux cent marchands et fonctionnaires anglais installés aux pays: d'une population française jugée suivant des lois dont elle ignorait le premier mot, et par des juges qui ne comprenaient pas les parties, pas plus que celles-ci ne comprenaient les juges; les jurés mêmes, aussi de langue anglaise, n'entendait rien aux témoignages des parties de langue française. http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/francophonie/HISTfrQC_s2_Britannique.htm
  9. 1761 Étant donné que le peuple ne pouvait obéir aux ordres que s'il les comprenait, les autorités anglaises émirent leurs ordonnances en français et permirent aux Canadiens d'occuper de nombreux postes dans l'administration et la justice. L'Administration de la nouvelle colonie, la Province of Quebec - à l'époque le mot «province», tant en Angleterre qu'en France, désignait une «colonie»- , s'organisa donc en français. . http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/francophonie/HISTfrQC_s2_Britannique.htm
  10. Dans la revue Langue française (no 31, déc. 1976, Paris, Larousse, p. 6-7), le linguiste québécois Jean-Claude Corbeil écrivait ce qui suit: L'Angleterre, par ses représentants, dirige l'économie du pays, exige que le commerce se fasse par l'intermédiaire de sociétés installées soit dans les colonies anglaises du littoral atlantique, soit en Angleterre même. Les commerçants français, ou bien ont quitté le pays, ou sont ruinés par la défaite. Ceux qui persistent ne connaissent pas et ne sont pas connus des sociétés anglaises, ou encore n'obtiennent pas crédit de ces sociétés. Les commerçants des colonies américaines envahissent le Québec et s'y comportent comme en territoire conquis.
  11. « Le sens de la conquête » Pour ceux-là, sans vouloir faire de prophéties, en se contentant de peser les principales données fournies par l'analyse des forces en présence en 1763, il est possible de juger la conquête anglo-américaine et le changement d'empire comme un désastre majeur dans l'histoire du Canada français. En réalité, c'est une catastrophe qui arrache cette jeune colonie à son milieu protecteur et nourricier et l'atteint dans son organisation comme peuple et comme nation en formation, la condamnant à l'annexion, à la subordination politique et économique. Le Canada français ne sera plus seul (cf. p. 36) http://www.rond-point.qc.ca/histoire/seguin/regime_francais.html.
  12. L'église catholique romaine, qui avait dès 1763 témoigné sa loyauté aux autorités nouvellement établies et qui avait, grâce à ce loyalisme un peu zélé, retrouvé son droit à l'existence légale, continua de prêcher l'ordre et la soumission à l'autorité britannique..http://news-archive.mcgill.ca/w96/lamonde.htm
  13. Le Canada anglais n'a jamais permis qu'un second Québec se constituât chez lui. Loin de souhaiter le chevauchement des cultures, il a toujours veillé à ce que le Québec restât ce qu'il est : une «enclave culturelle» dans une nation britannique.http://www.rond-point.qc.ca/rond-point/histoire/avenir.html
  14. Afin de réglementer le cadre administratif des territoires nouvellement acquis en Amérique du Nord, le parlement de Westminster adopta, le 7 octobre 1763, la Proclamation royale de Georges III. Comme toutes les lois britanniques, la proclamation royale fut adoptée et promulguée en anglais. La version française n'a aucune valeur juridique, car il ne s'agit que d'un texte traduit à l'intention des francophones. Cette proclamation ne contenait aucune disposition linguistique, mais elle établissait le cadre constitutionnel qui devait régir la négociation de traités avec les populations amérindiennes du Canada. C'est pourquoi elle a été appelée la « grande charte amérindienne » ou la « charte des droits des autochtones ». http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/Rbritannique_proclamation1763.htm
  15. Attendu qu'il est juste, raisonnable et essentiel pour Notre intérêt et la sécurité de Nos colonies de prendre des mesures pour assurer aux nations ou tribus sauvages qui sont en relations avec Nous et qui vivent sous Notre protection, la possession entière et paisible des parties de Nos possessions et territoires qui ont été ni concédées ni achetées et ont été réservées pour ces tribus ou quelques-unes d'entre elles comme territoires de chasse (...) Et Nous enjoignons et ordonnons strictement à tous ceux qui en connaissance de cause ou par inadvertance, se sont établis sur des terres situées dans les limites des contrées décrites ci-dessus ou sur toute autre terre qui n'ayant pas été cédées ou achetées par Nous se trouve également réservée pour lesdits sauvages, de quitter immédiatement leurs établissements. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/Rbritannique_proclamation1763.htm
  16. Nous autorisons par la présente les gouverneurs et les commandants en chef de toutes Nos colonies respectivement, aussi bien ceux qui relèvent de Notre autorité immédiate que ceux qui relèvent de l'autorité et de la direction des propriétaires, d'accorder ces licences gratuitement sans omettre d'y insérer une condition par laquelle toute licence sera déclarée nulle et la protection qu'elle confèrera enlevée, si le porteur refuse ou néglige d'observer les règlements que Nous croirons à propos de prescrire. Et de plus Nous ordonnons et enjoignons à tous les officiers militaires et à ceux charges de l'administration et de la direction des affaires des sauvages, dans les limites des territoires réservés à l'usage desdits sauvages, de saisir et d'arrêter tous ceux sur qui pèsera une accusation de trahison, de non-révélation d'attentat, de meurtre, de félonie ou de délits de tout genre et qui, pour échapper aux atteintes de la justice, auront cherche un refuge dans lesdits territoires, et de les renvoyer sous bonne escorte dans la colonie ou le crime dont ils seront accuses aura été commis et pour lequel ils devront subir leur procès.http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/Rbritannique_proclamation1763.htm

L'Acte de Québec 1774

  1. Une ordonnance du 1er février 1770 (10 Georges III) affirme que «l'absence d'une cour fixe, instituée et établie dans le district de Montréal, pour y faire entendre et juger toutes les causes de ce district, par des juges nommés spécialement pour cet endroit et qui y résideront en permanence, a donné lieu a des inconvénients» puis a établi, à partir du 22 mars 1770 (date de publication de l'ordonnance), une cour distincte située dans le district de Montréal. À cause de plaintes émises au sujet de l'efficacité de la juridiction civile des juges de paix (montants n'excédant pas 10 livres sterling), il fut accordé à la Cour des plaidoyers communs la compétence exclusive en matières civiles inférieures (litiges au-dessous de 12 livres sterling). Le tribunal conserve également toutes les compétences de son prédécesseur sur tout le territoire de la colonie. La Cour des plaidoyers communs de Montréal est remplacée en 1777 par une cour du même nom mais exerçant autant au niveau des juridictions civiles supérieure qu'inférieure puisque la Cour du banc du roi s'occupe seulement de la juridiction criminelle. Les justiciables peuvent en appeler de ses décisions à la Cour du banc du roi ou, pour des montants supérieurs à 300 livres sterling, directement au gouverneur et à son conseil.
  2. Une génération à peine après la Conquête, les Canadiens virent apparaître de nouveaux chefs, entre autres, Louis-Hippolyte La Fontaine et George Étienne Cartier. Ils surent utiliser les institutions parlementaires britanniques et constituer des alliances avec des réformateurs anglophones afin de préserver la langue et la culture françaises. http://www.civilization.ca/cwm/gallery1/clash4_f.html
  3. (...) l'image de la France chez les Canadiens de l'époque, la conquête militaire [de 1760] fut pour beaucoup de ces gens, qui n'avaient connu de toute éternité que la monarchie de droit absolu, qu'un changement de Roi. Et puis, vingt ans après la conquête, les Canadiens se sont joints aux britanniques de la colonie pour réclamer les «libertés anglaises» et en particulier une Chambre d'Assemblée. Le jour où Londres octroya au Bas-Canada les instituions parlementaires et le «Rep by Pop», l'admiration pour la Constitution Britannique éclipsa celle pour la France napoléonienne et on se félicitait parmi les députés et les journalistes francophones de cette chance de connaître ces libertés anglaises.http://news-archive.mcgill.ca/w96/lamonde.htm
  4. L'acte étend les frontières de la PROVINCE DE QUÉBEC pour inclure, à l'est, le Labrador, l'île d'Anticosti et les îles de la Madeleine, et à l'ouest, le territoire des Indiens au sud des Grands Lacs, entre le fleuve Mississippi et la rivière Ohio. La colonie est régie par un gouverneur et un conseil de 17 à 23 membres nommés. L'acte ne prévoit pas d'assemblée élue. On y garantit la liberté du culte pour la majorité catholique de la colonie et on instaure un serment du Test simplifié, sans référence religieuse. http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0006592
  5. On le sait: les Yankees sont venus en 1774 et en 1775 proposer aux Canadiens et aux coloniaux britanniques de se joindre à leur projet d'Indépendance. Si, dans l'ensemble, les Canadiens leur présentèrent une «bienveillante neutralité», la tentation américaine fut néanmoins sérieuse. Mais l'ambivalence des Canadiens à l'égard des Yankees s'explique: d'ex-Français devenus sujets britanniques en 1763 pouvaient avec raison se demander ce qui pourrait advenir d'un nouveau changement d'allégeance, le troisième en dix ans! http://news-archive.mcgill.ca/w96/lamonde.htm
  6. L'Acte de Québec 1774 Article 8 Il est aussi Établi, par la susdite autorité, que tous les sujets Canadiens de Sa Majesté en ladite province de Québec (les Ordres religieux et Communautés seulement exceptés) pourront aussi tenir leurs propriétés et possessions, et en jouir, ensemble de tous les usages et coutumes qui les concernent, et de tous leurs autres droits de citoyens, d'une manière aussi ample, aussi étendue, et aussi avantageuse, que si lesdites proclamation, commissions, ordonnances, et autres actes et instruments, n'avoient point été faits, en gardant à Sa Majesté la foi et fidélité qu'ils lui doivent, et la soumission due à la couronne et au parlement de la Grande-Bretagne: et que dans toutes affaires en litige, qui concerneront leurs propriétés et leurs droits de citoyens, ils auront recours aux lois du Canada, comme les maximes sur lesquelles elles doivent être décidées: et que tous procès qui seront à l'avenir intentés dans aucune des cours de justice, qui seront constituées dans ladite province, par Sa Majesté, ses héritiers et successeurs, y seront juges, eu égard à telles propriétés et à tels droits, en conséquence desdites lois et coutumes du Canada, jusqu'à ce qu'elles soient changées ou altérées par quelques ordonnances qui seront passées à l'avenir dans ladite province par le Gouverneur, Lieutenant-Gouverneur, ou Commandant en chef, de l'avis et consentement du Conseil législatif qui y sera constitué de la manière ci-après mentionnée. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/acte_quebec&language=fr&updatemenu=true
  7. La loi constitutionnelle[l'Acte de Québec] réorganisait le système judiciaire. Les lois civiles françaises étaient rétablies sur tout le nouveau territoire, mais en matière criminelle le droit anglais continuait de s'appliquer. L'Acte de Québec abolissait aussi le fameux serment du test et autorisait le clergé catholique à percevoir la dîme. De plus, la loi reconnaissait comme légal le régime seigneurial en usage dans la colonie depuis le Régime français. Cependant, Londres n'avait pas accordé d'assemblée élue de peur qu'elle soit contrôlée par la majorité francophone.
  8. La timide dualité linguistique Devant les difficultés et le climat qui se détérioraient dans les colonies anglaises de la Nouvelle-Angleterre, le gouvernement britannique devait prendre des mesures afin d'éviter que se propagent les tendances autonomistes dans ses colonies du Nord. Pour sa part, le gouverneur de la «province de Québec», Guy Carleton, un aristocrate anglo-irlandais, ne semblait guère avoir une grande confiance envers les Canadiens, du moins si l'on en juge par ces propos: «J'ose croire que, si nous pouvions compter sur la population, nous pourrions tenir la place. Mais nous avons tant d'ennemis chez ce peuple sot trompé par des traîtres.» Malgré son peu d'enthousiasme, le gouverneur Carleton recommanda à Londres de prendre des dispositions afin de s'assurer la fidélité des Canadiens en cas de conflit avec les Treize Colonies. C'est que le pragmatisme politique prévalut; le gouverneur Carleton jugea préférable de prendre position en faveur des Canadiens plutôt que pour les marchands anglais. Il devint même, à certains égards, sympathique à la cause des Canadiens. Il finit par tolérer que les affaires judiciaires impliquant des Canadiens soient jugées selon les lois françaises et que des catholiques puissent accéder à des fonctions officielles. http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/amerique_brit/acte_quebec&language=fr&updatemenu=true

1783 La guerre d'Indépendance américaine et Traité de Versailles

  1. (...) la Guerre d’Indépendance américaine déclenche un exode vers le Québec de Loyalistes dont la diversité confessionnelle se reflète dans l’architecture de leurs lieux de culte et trouve son épanouissement au cours du siècle suivant.http://www.erudit.org/livre/larouchej/2001/livrel4_div31.htm
  2. La Révolution américaine, aussi connue comme la guerre de l'Indépendance américaine (1775-1783), est la lutte que mènent les 13 colonies pour obtenir leur indépendance de la Grande-Bretagne. http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1SEC845486#SEC845488
  3. Avec l’avènement de la Révolution américaine dans les treize colonies en 1775, beaucoup de sujets demeurés loyaux à la cause des Britanniques au sud de la frontière québécoise faisaient face à un dilemme. S’ils voulaient rester dans les treize colonies et demeurer fidèles aux Britanniques, ils risquaient la persécution et devraient possiblement affronter le danger aux mains des patriotes qui souhaitaient la création d’un État indépendant et libre de l’influence britannique.Comme il devenait de plus en plus évident que ces patriotes rebelles allaient gagner la Révolution – ce qui arriva en 1781 – ces loyalistes ont commencé à s’enfuir. http://www.canadiana.org/citm/themes/pioneers/pioneers4_f.html
  4. 1783 La «guerre de l'Indépendance américaine» désigne la guerre qui a opposé les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord à leur métropole, dans le dernier quart du XVII e siècle; provoquée par la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776, la rupture aboutit à la formation des Etats-Unis d'Amérique et à leur reconnaissance par la Grande-Bretagne, amenée à signer le traité de Versailles, le 3 septembre 1783.
  5. Les loyalistes autochtones. Des Iroquois qui sont demeurés fidèles à l’armée britannique et ont combattu à leurs côtés durant la Révolution américaine ont reçu gratuitement, en 1784, des terres dans ce qui deviendrait bientôt le Haut-Canada. Mais ces autochtones furent écartés du traité de Paris, 1783 qui ignora les promesses antérieures concernant les terres autochtones. http://www.canadiana.org/citm/themes/pioneers/pioneers4_f.html
  6. Avant 1783, quelques 10,000 loyalistes sont arrivés des États-Unis pour se réfugier au Québec. Ils s’attendaient d’y trouver des institutions familières : le droit anglais, des églises protestantes et des terres en franche tenure. Au lieu de cela, ils ont trouvé des églises catholiques et des institutions politiques de langue française qui leur étaient inconnues. http://www.canadiana.org/citm/themes/pioneers/pioneers4_f.html
  7. En 1783, la Grande-Bretagne avait promis d’accorder :cent acres de terres gratuitement à chaque chef de famille loyaliste; 50 acres supplémentaires de terres gratuitement pour chaque membre additionnel d’une famille; encore plus de terres à ceux qui possédaient un rang militaire. http://www.canadiana.org/citm/themes/pioneers/pioneers4_f.html
  8. Une conséquence importante du conflit américain fut l'arrivée de nombreux Loyalistes au Canada. A défaut de caractéristiques communes, le terme de loyaliste s'est imposé pour désigner les personnes qui, ayant préféré demeurer de loyaux sujets de la Couronne britannique, avaient choisi de quitter les colonies américaines soulevées. D'origine sociale variée, généralement britanniques mais aussi déserteurs de régiments étrangers, les Loyalistes s'établirent principalement au Canada. Tout d'abord attirés par le potentiel économique de la Nouvelle-Écosse, quelque 35 000 Loyalistes s'y établirent. La Nouvelle-Écosse vit sa population doubler d'un coup. La venue des Loyalistes dans la Province of Québec fut une occasion inespérée pour les autorités britanniques, qui y virent la possibilité de noyer la population francophone sous le nombre. La plupart des nouveaux arrivants s'établit au nord des lacs Ontario et Érié, région ouverte récemment à la colonisation. Ils furent bientôt suivis par de nombreux Américains. Au total, près de 12 000 Anglophones s'établirent à l'ouest de la province de Québec. L'arrivée des Loyalistes transforma donc radicalement le visage de l'Amérique du nord britannique

http://www.tu-dresden.de/sulcifra/quebec/geschqu/1774_91.htm


  1. (...) à partir de 1791, les principaux revenus du Bas-Canada (Québec) proviennent des droits de douane et d'accise sur les importations de produits ouvrés (manufacturés), le vin, les alcools et le tabac. Dans le Haut-Canada (Ontario), qui ne possède pas de ports de mer, ces revenus proviennent des impôts fonciers. (Foncier : Ce qui se rapporte à un fonds de terre (propriété) et, par extension, aux bâtiments. La taxe foncière est un impôt annuel qui touche les terrains et les propriétés.) http://www.revenu.gouv.qc.ca/fr/particulier/votre_situation/jeunes_enseignants/8_histoire.asp
  2. L'Assemblée nationale voulant établir la Constitution française sur les principes qu'elle vient de reconnaître et de déclarer, abolit irrévocablement les institutions qui blessaient la liberté et l'égalité des droits. http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/constitution/c1791.htm
  3. Acte constitutionnel de 1791 partage le pays en deux provinces : le Haut-Canada [l’actuel territoire de l’Ontario] et le Bas-Canada [l’actuel territoire du Québec] / séparer le Canada (...) afin de mieux le tenir en tutelle, tout en permettant aux deux collectivités nationales d’y vivre temporairement selon leur génie propre ; gagner la confiance de ceux qui réclament une Chambre d’Assemblée, tout en s’assurant du contrôle effectif des colonies ; et permettre, à longue échéance, la pénétration de l’émigration anglaise au cœur même du Bas-Canada et l’assimilation de la population étrangère de langue et de culture françaises. http://pages.infinit.net/histoire