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Le
27 février 1933, à Berlin, le Reichstag prend feu.
Dans
l'immeuble du Parlement, la police se saisit d'un Hollandais
communiste à moitié fou, Marinus van der Lubbe. Il sera considéré
comme responsable de l'incendie et exécuté.

Dans
les faits, le doute demeure. Certains historiens pensent que
l'incendie aurait été allumé à l'initiative de Hermann Goering,
un acolyte du nouveau chancelier, Adolf Hitler.
Difficile conquête du pouvoir
Le chef ou Führer du parti national-socialiste allemand
(le NSDAP, en abrégé nazi) a été appelé à la chancellerie
le 30 janvier par le président-maréchal Hindenburg à la suite
de tractations entre les dirigeants conservateurs, comme l'ancien
chancelier von Papen ou le docteur Schacht.
Ces derniers veulent se servir de Hitler pour enrayer la menace
communiste et ils ne croient pas que les nazis représentent
un réel danger pour la démocratie allemande.
Le parti nazi est en effet en perte de vitesse depuis les élections
législatives du 6 novembre 1932 qui lui ont valu 33,1% des suffrages
au lieu de 37,3% en juillet. Il a ainsi perdu deux millions
de voix sur un total de 17 millions en quatre mois!
Le gouvernement que forme Hitler de la façon la plus légale
est largement ouvert aux représentants de la droite classique.
Il ne compte que trois nazis, Hitler compris.
Faute de majorité absolue au Parlement, ce dernier paraît loin
de pouvoir gouverner à son aise. Personne ne prend au sérieux
ses discours racistes. Beaucoup d'Allemands pensent par contre
qu'il peut redresser le pays en proie à la crise économique.
Hitler dissout alors le Reichstag et prépare de nouvelles
élections pour le 5 mars 1933. Les miliciens de son parti, les
SA, terrorisent l'opposition en guise de campagne électorale.
Comme cela ne semble pas suffire à rallier une majorité de suffrages
aux nazis, ces derniers décident en conséquence de brûler le
Reichstag.
Hitler révèle alors sa véritable nature. Dès le 28 février,
il attribue l'incendie à un prétendu complot communiste et fait
arrêter 4000 responsables du parti. Il suspend toutes les libertés.
Les nouvelles élections, le 5 mars, donnent aux partis nationalistes
regroupés autour des nazis une simple majorité au Parlement.
C'est encore insuffisant à Hitler pour modifier la Constitution
en sa faveur. Il lui manque la majorité des deux tiers.
Le 23 mars enfin, des tractations avec le Zentrum,
le parti catholique du Centre, permettent au Führer
nazi d'obtenir cette majorité indispensable des deux tiers.
C'est le début de son pouvoir absolu.
Le Zentrum est alors dirigé par le prêtre Ludwig Kaas.
Celui-ci est un ami personnel du Secrétaire d'état du Vatican
(ministre des Affaires étrangères), qui fut précédemment nonce
à Berlin (ambassadeur), un certain Eugenio Pacelli. Il sera
élu pape en 1939 sous le nom de Pie
XII.
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