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L’ORDI DANS LE SAC À DOS
370 élèves de l’école secondaire Les Compagnons-de-Cartier
sont inscrits au programme PROTIC

 

Annie Lafrance                        Lu dans le journal Le Soleil, le 24 octobre 2004

 


Chaque matin, 370 élèves de l’école secondaire Les Compagnons-de-Cartier sortent de leur sac à dos cartables, crayons… et un ordinateur portatif! Inscrits au programme intégrant les nouvelles approches pédagogiques et technologies de l’information et de la communication (PROTIC), ces élèves adaptent à leur façon la réforme du ministère de l’Éducation.

 


 

 S’ils sont souvent présentés comme d’éventuels décrocheurs et de futurs citoyens peu intéressés, les jeunes de 12 à 16 ans sont tout autre. Ils ont des projets plein la tête et sont à l’affût des nouvelles connaissances. Tout est dans la façon d’apprendre! Une de ces nouvelles approches est l’apprentissage par projets d’équipe, où chaque élève possède son ordinateur portatif. La connaissance au bout des doigts!

 

 En un clic, les élèves s’ouvrent au monde, aux langues et à des logiciels d’apprentissage. Excel, Windows et le traitement de textes d’ont plus de secrets pour ces petits « bolés » de l’informatique. Certains sont même devenus des experts auprès de leur entourage, confient-ils.

 

 Pourtant les classes de PROTIC ne sont pas réservées aux élèves performants. Même que plusieurs élèves présentaient en début de cheminement des difficultés d’apprentissage et un désintérêt marqué pour l’école. « Nous ne sélectionnons pas les élèves en fonction de leurs notes mais plutôt pour leur intérêt envers l’informatique », indique la responsable du programme, Christine Garcia.


Un programme de gars!


 Les 13 groupes PROTIC de l’école sont constitués à 80 5 de garçons qui, au départ, n’aiment pas tous l’école. Ni les devoirs. « L’ordinateur devient alors un outil de motivation pour ces élèves », explique Mme Garcia. Tout comme l’interaction avec les compagnons de classe.

 

 En fait, le travail en équipe sur des projets concrets semble être la recette du succès de PROTIC. « Les jeunes, surtout les gars, ont besoin d’être intéressés à une approche pédagogique très concrète. Ils veulent savoir à quoi va servir leurs connaissances et comment les appliquer », dit l’enseignante. Pas étonnant donc que le cours de mathématiques puisse se dérouler sans une cuisine, question de mesurer les bonnes quantités d’ingrédients, et que le cours d’anglais se passe parfois dans le Web.

 

 Il n’y a pas que l’approche qui diffère. La configuration des classe PROTIC n’a rien à voir avec les locaux traditionnels. Pas de pupitres en rangées, ni de longs cours magistraux. Les jeunes sont plutôt regroupés en équipe de quatre et le professeur agit davantage à titre d’animateur et de guide. Une classe des plus dynamique et parfois bruyante, convient les jeunes.

 

 « Ils veulent aller plus loin que le programme, ajoute Mme Garcia. Certains restent après les classes, naviguent durant les pauses et sur l’heure du dîner. Ils sont intéressés à apprendre davantage. » De façon statistique, les élèves de PROTIC font plus de recherches que leurs collègues des classes régulières.


Apprendre par projets


 L’an dernier, les élèves de la première secondaire se sont creusé les méninges sur des problèmes scientifiques « qui touchent directement les gens », dit Justin. Son équipe a d’ailleurs réalisé une maquette illustrant les effets de la pluie acide sur les forêts. « Nous avons fait nos recherches sur Internet pour réaliser le projet », explique sa collègue de classe Méguy.

 

 Les élèves de la deuxième secondaire n’ont pas chômé non plus. Certaines équipes se sont penchées sur l’enjeu de l’eau en Californie alors que la géographie était à l’honneur dans les groupes de troisième secondaire. « Chaque équipe devait choisir une métropole et créer une carte routière détaillée en ciblant les points touristiques et historiques. Nous, on a décidé d’utiliser l’ordinateur pour tout le projet ! », dit fièrement Philippe, montrant sa carte interactive de la ville de New York. Le méticuleux travail aura pris 25 heures à son équipe pour effectuer les recherches, principalement en anglais, et pour conceptualiser la carte routière. Il défie d’ailleurs son utilisateur de se perdre dans la Grosse Pomme!


Effet boule de neige


 L’ordinateur personnel en classe fait des petits. Si, dans les années 90, on comptait un ordinateur pour 120 élèves, ce rapport a considérablement changé depuis. Certaines écoles québécoises comptent jusqu’à un ordinateur pour trois élèves et les machines fournies sont plus performantes. « L’ordinateur devient un outil d’apprentissage incontournable », soutient Mme Garcia.

 

 D’autres écoles prennent aujourd’hui le virage technologique. Une école primaire du secteur Sainte-Foy offre depuis peu le programme de technologies de l’information alors que Les Compagnons-de-Cartier poursuit le programme PROTIC pour la neuvième année.