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UN ORDI CONTRE LE DÉCROCHAGE

Les élèves de PROTIC améliorent leurs résultats scolaires

Annie Lafrance,             Lu dans le journal Le Soleil, le 9 octobre 2004

 


C’est connu, les adolescents québécois sont friands de nouvelles technologies et d’Internet. Ils passent bon nombre d’heures par jour devant l’écran de l’ordinateur. Mais en plus d’être un loisir, l’utilisation des nouvelles technologies en classe semble avoir un effet positif sur le rendement scolaire des jeunes. Surtout celui des garçons.

 


 

 

 C’est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l’Université Laval qui ont suivi l’apprentissage de classes utilisant le programme intégrant les nouvelles approches pédagogiques et les technologies de l’information (PROTIC). « À la fin de l’année, les élèves de PROTIC ont rédigé de meilleures compositions, tant en français qu’en anglais, avec des phrases plus complexes », affirme la chercheuse Diane Huot.

 Elle attribue ces résultats à l’utilisation quotidienne de l’ordinateur et d’Internet.

 

 PROTIC existe depuis huit ans à l’école secondaire Les Compagnons-de-Cartier. Cette année, 13 classes de la première à la cinquième secondaire suivent ce programme, totalisant 370 élèves. Tous possèdent un ordinateur portable et leur apprentissage s’effectue en équipes de quatre.

 

 La chercheuse dit avoir été fascinée par l’ouverture des jeunes et leur expertise. « Ce qui se passait en classe était loin de ce que je pensais. Les jeunes sont intéressés à l’école, ils multiplient les interactions entre eux et avec le monde extérieur et ça se reflète sur leurs résultats scolaires », dit-elle.

 

 Les résultats sont d’autant plus encourageants chez les garçons, qui composent à 80 % les classes du programme. « L’ordinateur motive les garçons. Ils sont intéressés à faire des recherches sur Internet et à réaliser des projets. C’est du concret pour eux », dit la responsable du programme, Christine Garcia.

 

 Même les jeunes ayant des difficultés d’apprentissage et plus enclin au décrochage scolaire ont suivi, avec succès, le programme informatique. Au terme des cinq années d’études secondaires, tous les élèves du programme ont été diplômés. « Les élèves étaient, au départ, plus faible que la moyenne et, en bout de compte, ils ont rejoint la moyenne provinciale et certains l’ont dépassée », ajoute Mme Huot.


Effet de motivation


 Les résultats de l’étude ont été présentés hier, à l’occasion d’un colloque sur PROTIC. Enseignants, chercheurs et parents ont discuté des impacts des technologies sur l’apprentissage des jeunes.

 

 « Au-delà des résultats scolaires, PROTIC a un effet catalyseur : les jeunes qui y adhèrent disent davantage aimer l’école », indique l’enseignante Christine Garcia. « C’est encourageant pour nos garçons, qui sont plus démotivés », renchérit une mère.

 

 Même constat chez les principaux intéressés, qui semblent passionnés par leurs projets. « On fait plus de projets en équipe et on les présente devant la classe. C’est l’fun ! », dit Philippe, pour qui l’ordinateur n’a plus de secrets. « Les aptitudes informatiques acquises sont surprenantes. Les jeunes ont réalisé des projets très difficiles pour leur âge », constate pour sa part Mme Huot.

 

 PROTIC est un outil de réussite scolaire, mais il n’est pas le seul. Et il ne convient pas à tous les enfants. « Il s’adresse à des jeunes qui aiment travailler en équipe, qui ont un intérêt pour les nouvelles technologies et qui sont capables de travailler dans un milieu plus bruyant », reconnaît Mme Garcia.