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Les nouvelles technologies viennent en aide aux garçons

      Martine Bouliane  la          Lu dans Le Journal de Québec, le 9 octobre 2004

 

 

 

La réussite des garçons passerait-elle par l’utilisation des nouvelles technologies? Des élèves de l’école Les Compagnons-de-Cartier, qui participent à un programme bien spécial, le prouvent peut-être.

 


     Dans cette école de Sainte-Foy, les 370 élèves, de 12 à 17 ans, du programme appelé Protic possèdent chacun un ordinateur portable. Ils n’utilisent pas de cahier d’exercices, mais travaillent ensemble en réseau, à leurs pupitres rassemblés en îlots. Les jeunes peuvent bouger à leur gré et les cours magistraux, peu nombreux, sont remplacés par des projets qu’ils réalisent en groupe. Ils sont à 80 % des garçons et le taux de diplômation de Protic est de 100 %, se targue Christine Garcia, directrice adjointe de l’école et responsable du programme.

 

     Selon une étude menée par des chercheuses de l’Université Laval, présentée hier, les élèves du programme réussissent mieux en français et en anglais que les autres classes étudiées, régulières ou non, même s’ils partaient avec un certain retard. La recherche, effectuée entre 1998 et 2003, se penchait sur l’impact de l’apprentissage du travail en équipe et de l’utilisation des nouvelles technologies.

 

     « La motivation tend à diminuer dans tous les groupes au cours du secondaire, mais beaucoup moins dans le groupe Protic », dit Diane Huot, chercheuse ayant participé à l’étude.

Des garçons qui réussissent

     Élève de 3e secondaire, Maxime Charron s’estime bien heureux de se retrouver dans ce programme.  « En 6e année, j’haïssais l’école. Aujourd’hui, je ne me lève pas en ayant le goût, mais j’aime beaucoup plus ça qu’avant. Mes notes commencent à remonter », raconte ce mordu de l’informatique.

 

     L’école secondaire Les Compagnons-de-Cartier est la seule à avoir un tel programme, qui a attiré des spécialistes autant de l’Allemagne que du Maroc ou de la Belgique, note la directrice adjointe.

 

     « Plusieurs établissements s’inspirent de notre programme », note Mme Garcia.

 

     Elle ne croit toutefois pas que cette façon d’enseigner soit la solution pour tous, estimant qu’il est préférable de s’adapter selon les élèves. Les jeunes souhaitant s’inscrire doivent passer des tests d’admission et débourser 2 500 dollars. Selon Mme Garcia, comme les parents peuvent payer en plusieurs versements, les jeunes moins bien nantis ne sont pas désavantagés. Les élèves choisis ne sont pas non plus les meilleurs.

 

     « L’important, c’est la motivation. J’ai environ 25 % d’élèves en difficulté dans le programme », dit la directrice adjointe.